Apocalypse

Ya un truc dans l’air. Ils l’ont dit au journal. Y’a un truc dans l’air à Paris qui va nous rendre malade. Qui nous pique les yeux, qui nous fait pleurer. Ya un truc dans le ciel. Qui nous cache le soleil, qui réveille nos craintes animales et qui nous donne envie de retourner nous coucher pour ne plus jamais nous réveiller. Ça sent l’apocalypse, le basculement.

Je voudrais croire pour prier que ce soit l’arrivée du soleil, de l’amour et des larmes de joies, du syndrome de Stendhal. J’ai la peau à vif et le coeur aux bords des lèvres, mais je veux que ce soit à cause du changement de saison, des fleurs qui sortent de terre, du débourrage des bourgeons. De l’impatience de la sève. Je veux du vert, du beau, du chaud. De l’amour, encore, encore, encore. Je veux qu’on prenne soin les uns des autres. Que ce soit notre Révélation. Notre salutation au printemps.

Vanité

J’adore la lumière des chiottes des TGV. On dirait un miroir de maquillage de Broadway. Mais chaque photo que j’essaye de prendre avec cette lumière finit à la corbeille. La fois d’avant, j’avais le visage chevalin et inquiétant; dans celles-ci, on ne voit que mes rides. Effacer. Effacer. Effacer. Mais dans la dernière, je trouve mes joues bizarres. Mes pommettes un peu plus plates. Du coup, j’en reprends une série, et aucune ne semble corriger ça. Je laisse tomber et je retourne à ma place.

Peut-être que Franck à raison. J’ai juste perdu du poids et donc des joues. Et le visage que je découvre dessous est, je cite, «fatigué et asséché», parce que ça nous arrive à tous en prenant de l’âge. Mais je commence quand même à chercher «eviplera lypodistrophies» sur Google, et je trouve pas grand chose, mais j’ai quand même un peu peur: Et si mon traitement VIH avait des effets indésirables, finalement?

Je suis face à mon miroir, en train de me dire que je suis parano, que c’est pas possible. Mais aussi que c’est comme ça que naissent les effets indésirables. Ils n’existent pas avant que les patients ne les remarquent. Après tout, on a que deux ans de recul sur cette combinaison. Et mes jeans tombent un peu comme des sarouals, tellement j’ai perdu de fesses. Peut-être que les médocs jouent aux déménageurs bretons avec mes graisses.

On s’habitue à tout. Je vis avec le VIH, j’y pense moins, je pense surtout à prendre mon médoc. Quand tout va bien, ça semble si loin. Je vais à la gym. Les morceaux de mon coeur tiennent encore avec du scotch, et je continue à pleurer en recouvrant l’orange de mon mur, mais j’avance. Je vis. Je ne vais rien apprendre aux séropos qui m’ont précédé, c’est dur, cette attaque au visage. La possibilité de cette attaque au visage est dure. Ça me rappelle que je suis malade, ou que je pourrais l’être. Que même si tout va bien, tout ne va pas bien. Je vous jure que j’essaye, parce que je ne veux pas toujours être l’oiseau de mauvais augure, j’essaye de ne pas me plaindre, de ne pas broyer du noir. De ne pas spinner. Je positive, je vois le beau, je profite des rayons de soleil. Mais des fois, juste des fois, je trouve que c’est lourd. Et des fois, j’ai du mal à me trouver beau en photo.

J’ai effacé la photo, et j’ai pris rendez-vous chez mon docteur. Mon nouveau docteur. Parce que le docteur que j’aime tant est très malade, beaucoup plus malade que moi. Parce que c’est aussi ça, vivre avec le VIH en 2015, en France, c’est vivre peut-être plus longtemps que son médecin. Plus longtemps peut-être que vous. C’est avoir la possibilité de s’accorder le luxe de la vanité et cultiver la coquetterie de se trouver beau dans le miroir vieillissant. C’est vouloir, et avoir le droit d’espérer, du temps. Du temps pour prendre le train. Du temps pour prendre des photos idiotes et du temps pour en réussir une, peut-être, enfin, à la lumière de mon cabaret sanitaire.

Les hommes des guerres et des armes

Un écho.

Le désir est toujours là à tout moment. Il n’est jamais absent d’un rapport. Le fait que l’on ne puisse pas, par exemple, supporter certaine présence relève du désir. Je ne peux pas dire ça plus clairement, ce n’est pas la peine, la compagnie des hommes, des hommes qui s’appellent ainsi, comme dans les guerres, le pouvoir, les familles, les affaires, c’est fini. Je ne veux plus les voir. C’est sûr, l’homosexualité masculine a changé la vie des femmes.

— Marguerite Duras: «The Thing» (entretien au «Gai Pied», 1980), Yagg.

On a tous nos obsessions. Celle de ce journaliste, c’est profiter du massacre pour retaper sur les Arabes. La mienne, c’est la masculinité. Je crois que ce régime des armes et du droit à tuer reste ce qui définit la masculinité. Je crois que ce journaliste aurait dû déclarer en préambule qu’il se dissociait formellement de la masculinité traditionnelle. Qu’il ne se sentait pas un homme. Qu’il dissociait sa masculinité de celle des assassins mexicains, norvégiens, nigérians ou français.

Parce que c’est ça, au final, ce que nous vivons depuis une semaine : les hommes nous rappellent qui commande, et comment. Avec la force, dans la terreur, et la souveraineté qui leur serait essentiellement conférée. Puisqu’ils n’enfantent pas, ils tuent. C’est ce qu’ils nous disent, à nous les femmes, quand ils veulent faire de nous des mères avant tout : vous accouchez et nous tuons. Les hommes ont le droit de tuer, c’est ce qui définit la masculinité qu’ils nous vendent comme naturelle. Et je n’ai pas entendu un seul homme se défendre de cette masculinité, pas un seul homme s’en démarquer – parce qu’au fond, toutes les discussions qu’on a sont des discussions de dentelière.

— Virginie Despentes : “Les hommes nous rappellent qui commande, et comment”, Les Inrocks.

Merci

J’ai tellement de raisons d’être reconnaissant, je vais essayer d’arrêter de me plaindre, même si j’ai envie de rester coucher toute la journée pour bercer le trou béant qui me sert de coeur en ce moment.

Alors je vais saluer ce nouveau cycle en remerciant les belles personnes qui ont su me rattraper quand j’ai chu. J’ai tellement de chance d’avoir autant d’amour autour de moi, des gens qui ont eu l’incroyable générosité de me choisir comme ami et de me faire sentir signifiant. Si j’étais croyant, j’irais poser un cierge pour vous apporter la félicité en 2015.

Que la nouvelle année vous soit aussi belle que votre bienveillance, qu’elle vous apporte amour, accomplissement et peut-être la paix. Je suis tellement, tellement heureux de vous connaître. Merci.

Au bout des mots

Tu descends vers la plage, c’est la nuit et tu ne vois pas grand chose, parce qu’il n’y a qu’un lampadaire tous les 20 mètres et pas dans toutes les rues. Ça sent la mer, tu sais que c’est c’est là mais tu ne sais pas exactement où elle est. Mes pas résonnent sur le gravier des trottoirs et j’ai peur de réveiller les gens, qu’ils sortent avec des fourches et des torches pour chasser l’étranger qui marche la nuit. Je m’attends à ce que les rideaux se fendent pour que les habitants du coin regardent qui est cet enfant sauvage qui marche au milieu de la route.

Tu tournes au coin d’une dernière rue, et la plage est là. Le bruit que j’entendais depuis la maison, ce n’était pas le vent, c’était les vagues. C’est fort et sourd et primal. Et notre corps le reconnaît immédiatement, ce mouvement, ce sel, cette masse poisseuse et ça nous prend au ventre et moi, ça me fait pleurer. J’ai regardé les vagues et j’ai pleuré comme un gamin fou, dans le village vide, à gros sanglots.

J’ai pleuré sur la fin de mon histoire d’amour, sur les moments qui ne seraient jamais, sur les hommes qui m’avaient oublié, déjà. J’ai pleuré sur l’homme qui n’était pas là, cette nuit, avec moi. Sur ceux qui ne me choisiraient pas. Sur celui qui m’avait choisi il y a si longtemps et qui était maintenant reparti. J’ai pleuré sur mes espoirs. J’ai pleuré mon coeur abîmé par les accidents d’amours et ma faiblesse de ne pas savoir mieux aimer.

Pas loin du rivage, il y avait un petit bateau de pêche qui s’éloignait du port, l’arrière illuminé par de puissantes lampes blanches. Des hommes dessus, sur le pétrole de la mer, avançant dans la nuit. Mais cette fois, ça ne m’a pas terrorisé, cette précarité de la lumière, ces tout petits humains sur l’océan gigantesque. Les lumières du port, au loin, et le noir mouvant de la mer entre nous, toute cette eau qui semble attendre de nous reprendre. Mais ce n’est pas par méchanceté, j’ai pensé; c’est plus fort qu’elle. La mer sent que nous sommes pleins d’elle et cherche juste à nous ramener à la maison. Ce n’était pas triste en fait. Face à l’océan, je me suis rendu compte que je n’avais plus peur du noir.

Le soir de mon arrivée, le car s’est arrêté près du débarcadère, et il n’y avait personne et rien d’ouvert, sauf l’office du tourisme, qui m’a demandé mon code postal. J’ai répondu «Paris» et mon coeur a fait un drôle de bond parce que c’est ça que ça me fait quand je pense à Paris. Le soleil était déjà en train de se cacher, parce que c’était la tombée de la nuit et j’ai remonté les rues dans le jour finissant jusqu’à chez Anne. La maison était là, avec son odeur de maison pas habitée toute l’année. J’ai posé mon sac, j’ai soufflé et je suis sorti faire des courses.

Tout était fermé, sauf le supermarché à l’entrée de la ville. Dans la rue principale, trois enseignes affichaient un panneau «A vendre». Un peu plus loin, dans la boulangerie près de la maison, il y avait deux pains et des biscottes, et rien d’autre. Je sais même pas comment il paye son électricité. En hiver, le village s’endort, d’un sommeil qu’il est difficile de ne pas prendre pour un coma mortel. Comment vivent les gens dans leurs maisons dont on ne devine rien, dans tout ce calme? Je mesure mon inadéquation permanente dès qu’on me sort de l’agitation de la grande ville, mais je crois que c’est aussi ce que je suis venu chercher, le silence, le sommeil, au pays des gens qui garent leur bateaux dans leur jardin durant les mois d’hiver. Que reste-t-il quand tout se tait.

Plus tard, j’ai eu des éclats de pleurs soudains, quand j’ai pensé à Michel, mon père, et que je me suis rendu compte que j’avais du mal à me souvenir de son visage. Je le reconnaîtrais s’il passait le pas de la porte, bien sûr, mais je ne pourrais plus le dessiner, je pense. Et pourtant, il est tellement là. Surtout dans ces maisons fraîches, dès que je quitte Paris. C’est chez moi aussi, la fraîcheur du matin qui nous empêche de quitter la couette, l’air humide, le calme, la grande cuisine. C’est chez moi mais je ne sais pas encore quoi faire de ces moments, avec ces fantômes, dans une maison.

C’est la nuit, le plus dur, évidemment. Parce que le jour, on marche. Mais la nuit, on se pose. Et la nuit tombe tôt en décembre. Le froid, ça va, il fait moins froid qu’à Paris. Du coup, c’est agréable de marcher et prendre le chemin de randonnée pour aller jusqu’au phare d’Eckmühl, au bout du monde. Puis c’est simple, c’est tout droit, c’est pas comme d’habitude, où tu dois faire gaffe, faire des choix. Là, tu fixes le phare et tu avances, sous les embruns et la bruime en écoutant de la musique libanaise, sans pleurer, parce que ça va tellement bien avec la plage bretonne qu’on dirait que ça a été composé pour. C’est de la musique de rives et de bateau, de la musique de gens qui attendent des marins.

On ne visite pas le phare l’hiver. A son pied, il y a un autre office du tourisme puisque nous sommes dans une autre ville, avec une autre dame qui me demande aussi mon code postal. Pas ma ville, mon code postal. J’ai encore une fois hésité à lui donner celui de ma naissance. Ou celui de Toronto. Ou celui d’Avignon, tiens. J’ai redis «Paris», parce que c’est là où j’habite. Nicolas m’a demandé si je comptais repartir, désormais. Il voulait dire au Canada. J’ai dit non, bien sûr que non. Mon code postal, c’est Paris. J’y suis pour moi, finalement, et pas parce que nous.

La Bretagne, c’est déjà un peu le Canada. C’est le même océan, et c’est peut-être cette eau, le pays que je cherche, mon atlantide pleine de monstres, où je pourrais enfin m’occuper des morceaux de gravier coincés dans mes plaies. Les bains de mer sont bons pour les blessures, on y baigne les chiens blessés pour aider à la cicatrisation. J’espère que ça marche aussi par osmose pour les enfants sauvages meurtris.

Je n’ai plus peur de la nuit parce que c’est moi le monstre dans le noir, qui rentre en claudiquant sur ses jambes à vif, le coeur plein d’amour dont il ne sait pas quoi faire. Les mots n’y font rien, en fait. Je ne parle la langue de personne et personne ne peut répondre à mes hurlements la nuit face aux vagues. Le vent souffle jusqu’à ce que je sois estourbi à force d’être brassé, mes larmes séchées. Il reste l’amour, alors, quand on arrive au bout des mots.

Astres

Je suis venu à croire que si certains homos passent autant de temps à faire du sport, c’est principalement pour se préparer à l’impact des corps étrangers. Ils se disent peut-être que s’ils étaient plus forts, plus tendus, plus durs, mieux gainés, ils ne risqueraient pas d’être atomisés par la collision qui résulte du heurt de deux matérialités et qu’ils ressortiraient indemnes du cataclysme des corps.

A défaut d’être fort, ou noble, ou juste musclé, j’absorbe chaque astre qui s’écrase sur moi comme l’eau accueille le plongeur maladroit. Je ferme les yeux en accompagnant les ondes résultant du choc et j’attends le tsunami qui ne manquera pas de me balayer. Ce n’est pas de la témérité, c’est la seule chose que je peux faire, attendre que les débris résultant de notre rencontre s’amalgament en satellites merveilleux et nous éclairent dans la nuit.

Tsunami

Certains matins, j’émerge le souffle court, avec l’impression de me réveiller sur une plage dévastée par un tsunami. Les épaules crispées, les yeux collés, les jambes courbaturées. Le corps lent, comme surpris d’être en vie. Plus rien, à cet instant, ne semble avoir d’importance, et ma propre existence, aussi miraculeuse soit-elle, semble, à ce moment, ne faire aucun sens. La flamme est noyée. L’équipage a disparu. Restent les braises, tout au fond du ventre, pas loin de la cage dans laquelle s’agite le virus. Je suis un golem de débris dans une foule de gens blessés, qui ne savent pas à quoi ils ont échappé.

Les bûcherons

Ils viennent d’où, ces hommes? Ceux qui nous coupent le souffle, ceux dont on veut l’attention, ceux dont on sait qu’on ne pourra jamais croire à leur amour, ou même leur intérêt, parce qu’on ne pourra jamais s’en croire digne. Ils sont le pire de notre vie amoureuse, ils sont ces moments d’obsession absolue, de soif inextinguible, de peur crasse d’abandon, d’incendie sous nos reins, entre nos jambes. Quand on ne les connaît pas, on court vers leur lumière pour s’y brûler. Quand on les tient entre nos mains, on voudrait les serrer jusqu’à les assimiler, les dévorer, pour que jamais ils ne partent. Leur odeur, leur sueur, leurs poils, leur barbe, leur cri, leur sexe, leur folie. A moi. Pour mon désir, contre mes failles, dans lesquelles ils glissent leurs coins avant de me fendre comme une bûche bien sèche. Et ils continuent, des années après, à surgir dans nos pensées et à faire trembler nos châteaux de cartes quotidiens. On ne les épouse pas. Mais on passe toute notre vie avec. Je les hais; je les aime tellement.

Hollande : Néolibéral depuis 1983

La liste est déjà longue des trahisons perpétrées par ce gouvernement. Dans le livre La violence des riches, les Pinçon-Charlot nous rappellent que nous ne pouvions rien attendre d’autre de François Hollande:

François Hollande a collaboré à un ouvrage, La Gauche bouge, édité en 1985, aujourd’hui «épuisé». Ce livre témoigne de l’adhésion au libéralisme d’un homme politique encore très jeune. Âgé de trente et un ans, François Hollande est alors conseiller référendaire à la Cour des comptes et maître de conférences à Sciences Po. Le livre est publié sous le pseudonyme de Jean-François Trans, mais les noms du futur président de la République et des quatre auteurs figurent en page 6. Il s’agit de: Jean-Michel Gaillard, trente-neuf ans, conseiller référendaire à la Cour des comptes et maître de conférences à l’ENA; Jean-Pierre Jouyet, camarade de promotion à l’ENA de François Hollande, trente et un ans, inspecteur des finances et président du club Démocratie 2000; Jean-Yves Le Drian, trente-huit ans, agrégé d’histoire, député-maire de Lorient, actuel ministre de la Défense; Jean-Pierre Mignard, trente-quatre ans, avocat au barreau de Paris, ancien membre de la direction politique du PSU, adhérent d’une organisation catholique internationale de défense des droits de l’homme.

Dès l’introduction, le lecteur est prévenu: «Finis les rêves, enterrées les illusions, évanouies les chimères. Le réel envahit tout. Les comptes doivent forcément être équilibrés, les prélèvements obligatoires abaissés, les effectifs de la police renforcés, la Défense nationale préservée, les entreprises modernisées, l’initiative libérée.»

(…)

Les auteurs de La Gauche bouge assument le tournant néolibéral masqué sous le thème de la «rigueur»: «En réhabilitant, non sans opportunité, l’entreprise et la réussite, la gauche, avec l’ardeur du néophyte, retrouve des accents que la droite n’osait plus prononcer, depuis des lustres, de peur d’être ridicule. Mais prenons garde d’en faire trop: pour faire oublier nos frasques égalitaristes, ne gommons pas notre vocation sociale.»

(…)

L’oligarchie s’organise. François Hollande et ses quatre acolytes envisagent d’accentuer encore le caractère présidentiel du régime, qui d’ailleurs se réalisera sous Lionel Jospin lorsqu’il était Premier ministre entre 1997 et 2002, avec l’inversion du calendrier électoral donnant la priorité à l’élection présidentielle. Les cohabitations entre la droite libérale et les libéraux de gauche sont également envisagées. «Le président de la République, élu au suffrage universel pour cinq ans, en même temps que la représentation parlementaire, nommerait un cabinet responsable uniquement devant lui. À côté de cet exécutif stable, le Parlement disposerait de la plénitude du pouvoir législatif. Rien n’empêcherait alors les Français de choisir un président de tendance politique différente de celle du Parlement.»

— La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Le livre est intégralement disponible en ligne, si vous ne pouvez pas l’acheter.

Conchita Wurst : Un continent divisé

Les votes de l'Eurovision

— A gauche, les votes du public en faveur de Conchita Wurst; à droite, les votes des jurés (Plus c’est bleu, plus c’est favorable). (Source)

The results suggest, then, that we do live in a divided continent. But the divisions might penetrate much less deeply into society than we often suppose. The differences revealed in the popular voting are slight, whereas those in the elite juries are very marked.

Of course, this is only one source of evidence. There is much, much more than this to be said about attitudes towards sexual minorities around Europe and across the world. Nevertheless, there might be reason to hope that, even in those countries where the ruling elites are often highly intolerant, the wider population might be readier to accept that different people might be different.

Eurovision: A continent divided in its sexual attitudes?, Reading Politics.

Une data-saucisse intéressante, même si elle ne refléte pas forcément fidèlement les opinions publiques des pays concernés. Mais à partir du moment où on a attaqué la personne et non la chanson concurrente, la politique a saisi l’Eurovision et c’est devenu plus qu’un télé-crochet. Les qualités intrinsèques de la chanson sont passées au deuxième plan, au moins pour une grande partie des votants. Les questions de genre, nos corps, nos « moeurs » sont redevenus, une fois encore, le champ de bataille et la cible des réactionnaires. [via]