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C’est la période de l’année où les nuits se rafraîchissent. Il y a des belles journées encore mais le soleil ne chauffe plus autant. J’y pense à chaque fois: Il y a une boule de matière en fusion, à des milliers de kilomètres de nous, qui brille suffisamment fort pour, quand les nuages s’écartent, que [Lire la suite]

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Jusqu’au bord

Parfois, j’attends juste un peu trop longtemps pour renouveler mes médicaments. Pas trop, il m’en reste toujours assez pour ne pas tomber à sec, mais juste assez peu pour que ce soit à un jour près. Ou le jour même. De même, une fois de temps en temps, je m’autorise à sauter une prise, pour [Lire la suite]

Le placard

Je suis sorti du placard de manière tonitruante. Après des années à me ronger l’âme sur la question de l’homosexualité, j’avais décidé de faire une association LGBT et de la domicilier chez nous. Comme pour beaucoup de choses dorénavant, en tant que minorité, l’inspiration venait d’Amérique du Nord, du Canada en particulier, d’où Maxime me [Lire la suite]

On a pas tous les jours

Je n’arrive pas à dormir. Au début, je me suis dit, c’est la super lune. Elle est trop proche de nous, je suis trop plein d’eau, de larmes, de sang, d’humeurs, du coup, la marée des boyaux m’empêche de dormir. Mais non, ça fait plusieurs jours. Je me suis dit, c’est les hormones, Simone. J’ai [Lire la suite]

Feu le quatrième pouvoir

Les formulaires de renouvellement de la carte de presse sont sur mon bureau. J’ai, comme chaque année, du mal à les remplir, parce que la réalité du boulot ne m’a jamais semblé aussi loin du rôle des médias. Le climat politique actuel est délétère, je pense qu’on sera tous et toutes d’accord pour le reconnaître. [Lire la suite]

Les grandes questions

Je me rappelle précisément, enfant, regarder Dalida chanter à la télé en robe rose à froufrous et me tourner vers ma mère pour demander pourquoi les gens n’aimaient pas Dalida, elle était super pro et s’habillait super bien pourtant. Je me souviens, enfant encore, voir les pubs dans le métro et me tourner vers ma [Lire la suite]

Un baiser dans la nuit

Ce soir, il faisait encore chaud. J’ai pris mon vélo et je suis descendu voir Notre Dame. Je rentrais tranquillement, parce que c’était une jolie nuit d’été, en chantonnant des chansons d’amour. Je passe par le Parc de La Villette, et du coin de l’oeil, je vois un couple qui s’embrasse. Des cheveux longs et blonds, une petite silhouette brune. Et un groupe de jeunes hommes qui s’approchent d’eux.

L’île des Morts

Et soudain, le sida de 1990 dont personne ne voulait entendre parler à l’époque, le sida qui tuait en France tous les jours des pédés, des toxicos, des putes sans que ça ne dérange plus que ça la majorité de la population, est l’objet de tout un tas de sujets, papiers, documentaires, éditos. Toi, tu [Lire la suite]

Give me things that don’t get lost

Tomber sur ça et verser une larme. J’écoutais cette chanson il y a dix ans, dans la ville même de Neil Young, Toronto, les yeux mouillés déjà, en pensant à Michel qui venait de mourir de l’autre côté de l’océan.

Le chant du canari

Fleurs de porcelaine.

Quand j’arrive à dormir, je fais des rêves inquiétants. Je suis à l’intérieur d’un gigantesque corps humain collectif, où chacun est occupé à essayer de comprendre quelle est sa place dans la machine globale. Pas d’open space, nous sommes chacun dans notre petit espace, à appliquer des instructions qui ne nous sont pas explicitées mais que nous connaissons, [Lire la suite]