Le maître de jeu

Papier peint «l'Arbre de vie» du château de Maintenon.

Ma sœur et moi avons partagé une chambre toute notre enfance. Dans mon souvenir, le papier peint moutarde était fatigué, et baignait l’appartement haussmannien hors de prix dans une lumière triste. Ma mère l’avait choisi pour son emplacement juste après son divorce, quand elle a décidé de revenir à Paris et que son monde s’écroulait. Désormais, elle ne pensait qu’à notre futur.

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C’est la période de l’année où les nuits se rafraîchissent. Il y a des belles journées encore mais le soleil ne chauffe plus autant.

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Jusqu’au bord

Parfois, j’attends juste un peu trop longtemps pour renouveler mes médicaments. Pas trop, il m’en reste toujours assez pour ne pas tomber à sec, mais juste assez peu pour que ce soit à un jour près. Ou le jour même.

Et la santé

J’y pense à chaque fois: il y a une boule de matière en fusion, à des milliers de kilomètres de nous, qui brille suffisamment fort pour que, quand les nuages s’écartent, non seulement sa lumière arrive au fond de nos yeux, mais qu’on ressente, sur notre peau, au plus profond de nous, la brûlure des ses ardeurs.

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Le placard

Quitter le placard, c’était quitter l’isolement terrible de l’enfance et courir bras ouverts vers la communauté, me fondre en elle, trouver mes pairs et ne plus être seul, ne plus être questionné en permanence, ne plus être effacé. Exister en tant qu’objet de désir, aussi. La communauté m’a sauvé la vie.

On a pas tous les jours

Je n’arrive pas à dormir. Au début, je me suis dit, c’est la super lune. Elle est trop proche de nous, je suis trop plein d’eau, de larmes, de sang, d’humeurs, du coup, la marée des boyaux m’empêche de dormir. Mais non, ça fait plusieurs jours.

L’île des Morts

Et soudain, le sida de 1990 dont personne ne voulait entendre parler à l’époque, le sida qui tuait en France tous les jours des pédés, des toxicos, des putes sans que ça ne dérange plus que ça la majorité de la population, est l’objet de tout un tas de sujets, papiers, documentaires, éditos.

Pantin c’est l’heure

Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Charles Roncier (@leroncier) Ma maison est un bois, mais c’est presque un jardinQui danse au crépuscule, autour d’un feu qui chanteOù les fleurs se mirent dans un lac sans tainEt leurs images embaument aux brises frissonnantesAussi folle que l’aube, aussi belle que l’ombreDans cette maison-là, j’ai… Poursuivre la lecture Pantin c’est l’heure

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70 bougies

Le 25 décembre dernier, on fêtait Noël à Bordeaux. Il faisait grand soleil, et ma mère et moi en avons profité pour aller nous balader aux Chartrons.

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Novembre

Ciel

Par la fenêtre du train, je vois les arches de l’aérotrain qui tracent sur les plaines du Centre. C’est absurde, ce rail suspendu menant nulle part, ces colonnes de béton armé fendu sous lesquelles passent les tracteurs. Les dernières feuilles des peupliers sont tombées dans un tapis jaune vif, les champs sont vides et le futur n’a pas eu lieu.

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