le roncier

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textes

Les bûcherons

Ils viennent d’où, ces hommes? Ceux qui nous coupent le souffle, ceux dont on veut l’attention, ceux dont on sait qu’on ne pourra jamais croire à leur amour, ou même leur intérêt, parce qu’on ne pourra jamais s’en croire digne. Ils sont le pire de notre vie amoureuse, ils sont ces moments d’obsession absolue, de soif inextinguible, de peur crasse d’abandon, d’incendie sous nos reins, entre nos jambes. Quand on ne les connaît pas, on court vers leur lumière pour s’y brûler. Quand on les tient entre nos mains, on voudrait les serrer jusqu’à les assimiler, les dévorer, pour que jamais ils ne partent. Leur odeur, leur sueur, leurs poils, leur barbe, leur cri, leur sexe, leur folie. A moi. Pour mon désir, contre mes failles, dans lesquelles ils glissent leurs coins avant de me fendre comme une bûche bien sèche. Et ils continuent, des années après, à surgir dans nos pensées et à faire trembler nos châteaux de cartes quotidiens. On ne les épouse pas. Mais on passe toute notre vie avec. Je les hais; je les aime tellement.

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Hollande : Néolibéral depuis 1983

La liste est dĂ©jĂ  longue des trahisons perpĂ©trĂ©es par ce gouvernement. Dans le livre La violence des riches, les Pinçon-Charlot nous rappellent que nous ne pouvions rien attendre d’autre de François Hollande:

François Hollande a collaboré à un ouvrage, La Gauche bouge, édité en 1985, aujourd’hui «épuisé». Ce livre témoigne de l’adhésion au libéralisme d’un homme politique encore très jeune. Âgé de trente et un ans, François Hollande est alors conseiller référendaire à la Cour des comptes et maître de conférences à Sciences Po. Le livre est publié sous le pseudonyme de Jean-François Trans, mais les noms du futur président de la République et des quatre auteurs figurent en page 6. Il s’agit de: Jean-Michel Gaillard, trente-neuf ans, conseiller référendaire à la Cour des comptes et maître de conférences à l’ENA; Jean-Pierre Jouyet, camarade de promotion à l’ENA de François Hollande, trente et un ans, inspecteur des finances et président du club Démocratie 2000; Jean-Yves Le Drian, trente-huit ans, agrégé d’histoire, député-maire de Lorient, actuel ministre de la Défense; Jean-Pierre Mignard, trente-quatre ans, avocat au barreau de Paris, ancien membre de la direction politique du PSU, adhérent d’une organisation catholique internationale de défense des droits de l’homme.

Dès l’introduction, le lecteur est prévenu: «Finis les rêves, enterrées les illusions, évanouies les chimères. Le réel envahit tout. Les comptes doivent forcément être équilibrés, les prélèvements obligatoires abaissés, les effectifs de la police renforcés, la Défense nationale préservée, les entreprises modernisées, l’initiative libérée.»

(…)

Les auteurs de La Gauche bouge assument le tournant néolibéral masqué sous le thème de la «rigueur»: «En réhabilitant, non sans opportunité, l’entreprise et la réussite, la gauche, avec l’ardeur du néophyte, retrouve des accents que la droite n’osait plus prononcer, depuis des lustres, de peur d’être ridicule. Mais prenons garde d’en faire trop: pour faire oublier nos frasques égalitaristes, ne gommons pas notre vocation sociale.»

(…)

L’oligarchie s’organise. François Hollande et ses quatre acolytes envisagent d’accentuer encore le caractère présidentiel du régime, qui d’ailleurs se réalisera sous Lionel Jospin lorsqu’il était Premier ministre entre 1997 et 2002, avec l’inversion du calendrier électoral donnant la priorité à l’élection présidentielle. Les cohabitations entre la droite libérale et les libéraux de gauche sont également envisagées. «Le président de la République, élu au suffrage universel pour cinq ans, en même temps que la représentation parlementaire, nommerait un cabinet responsable uniquement devant lui. À côté de cet exécutif stable, le Parlement disposerait de la plénitude du pouvoir législatif. Rien n’empêcherait alors les Français de choisir un président de tendance politique différente de celle du Parlement.»

— La violence des riches – Chronique d’une immense casse sociale, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Le livre est intĂ©gralement disponible en ligne, si vous ne pouvez pas l’acheter.

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Conchita Wurst : Un continent divisé

Les votes de l'Eurovision

— A gauche, les votes du public en faveur de Conchita Wurst; Ă  droite, les votes des jurĂ©s (Plus c’est bleu, plus c’est favorable). (Source)

The results suggest, then, that we do live in a divided continent. But the divisions might penetrate much less deeply into society than we often suppose. The differences revealed in the popular voting are slight, whereas those in the elite juries are very marked.

Of course, this is only one source of evidence. There is much, much more than this to be said about attitudes towards sexual minorities around Europe and across the world. Nevertheless, there might be reason to hope that, even in those countries where the ruling elites are often highly intolerant, the wider population might be readier to accept that different people might be different.

— Eurovision: A continent divided in its sexual attitudes?, Reading Politics.

Une data-saucisse intĂ©ressante, mĂŞme si elle ne reflĂ©te pas forcĂ©ment fidèlement les opinions publiques des pays concernĂ©s. Mais Ă  partir du moment oĂą on a attaquĂ© la personne et non la chanson concurrente, la politique a saisi l’Eurovision et c’est devenu plus qu’un tĂ©lĂ©-crochet. Les qualitĂ©s intrinsèques de la chanson sont passĂ©es au deuxième plan, au moins pour une grande partie des votants. Les questions de genre, nos corps, nos “moeurs” sont redevenus, une fois encore, le champ de bataille et la cible des rĂ©actionnaires. [via]

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Cette scène de “Scandal” qui expose le sexisme de l’espace politico-mĂ©diatique

Je regarde Scandal en ce moment. Il y aurait beaucoup Ă  dire sur le fait que c’est une sĂ©rie avec une femme noire dans le rĂ´le principal et qu’il y a un couple de pĂ©dĂ© rĂ©publicains cinquantenaires qui s’embrassent Ă  l’Ă©cran; vous me direz si vous voyez d’autre sĂ©ries qui apportent ça, j’en ai pas trouvĂ©. Mais je commençais Ă  me demander pourquoi je m’acharnais Ă  risquer le diabète en subissant la guimauve romantique, la musique patriotique et les frasques des hĂ©ros friquĂ©s pseudo-espions.

Ce speech de la guest-star Lisa Kudrow, diffusĂ© en novembre dernier, dans l’Ă©pisode 6 de la 3e saison, me fait pardonner toutes les faiblesses du scĂ©nario. Je n’ai jamais vu un discours aussi clair sur le sexisme et les mĂ©dias dans une sĂ©rie, en plus dĂ©livrĂ© par une femme politique, face Ă  un journaliste pĂ©dĂ© cis blanc, sur les conseils de sa directrice de campagne noire. C’est tellement d’intersectionnalitĂ© que j’en ai fait un trou dans ma culotte. PrĂ©parez l’insuline, I’m not quitting.

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Un an

Un an.

Nous n’oublions pas les insultes de la droite, qui quitta l’hĂ©micycle après le vote, montrant ainsi tout son mĂ©pris pour nos minoritĂ©s, après nous avoir agoni d’horreurs; nous n’oublions pas les attaques des catholiques, dont l’Eglise a dĂ©pensĂ© des centaines de milliers d’euros pour nous empĂŞcher d’accĂ©der Ă  un droit; et nous n’oublions pas les trahisons socialistes, la «clause de conscience» de Hollande, le mĂ©pris de Jospin et l’enterrement de l’Ă©galitĂ© avec l’oubli de la PMA.

Nous n’oublions rien, mĂŞme si nous avons pleurĂ© de joie.

Un an, et aussi 7 mois.

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La maison de verre

La Maison de Verre est un projet rĂ©alisĂ© par l’architecte-dĂ©corateur Pierre Chareau, l’architecte Bernard Bijvoet et Louis Dalbet (artisan ferronnier), situĂ© au 31, rue Saint-Guillaume Ă  Paris VIIe arrondissement, pour le Docteur Jean Dalsace entre 1928 et 1931.

Elle est son Ĺ“uvre majeure, composĂ©e de trois Ă©tages, conçue comme un espace total, dont la façade sur cour est complètement vitrĂ©e : une structure mĂ©tallique tramĂ©e soutient des panneaux en pavĂ©s de verre tandis que les chambres s’isolent par des portes-placards, en bois ou mĂ©tal, qui coulissent ou pivotent. La structure (poutres et poutrelles en acier), les canalisations et conduits restent visibles et participent Ă  l’architecture, transformant ainsi les Ă©lĂ©ments utilitaires de la maison en Ă©lĂ©ments dĂ©coratifs. Ont Ă©galement Ă©tĂ© utilisĂ©es des dalles ou briques de verre sĂ©parant les espaces. Parfois, les mises en façades sont rythmĂ©es en contraste avec le bĂ©ton (jeu de gĂ©omĂ©trie avec des influences japonaises, des rĂ©pĂ©titions formelles et une trame rythmique).

La nouvelle maison s’est glissĂ©e sous l’ancien hĂ´tel particulier, car la locataire âgĂ©e du dernier Ă©tage ne voulait pas partir.

— La maison de verre, Wikipedia. [via le très savant Donald.]

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Insémination artificielle (1978)

VoilĂ . 1978. Les questions sont les mĂŞmes, les (non-)droits aussi; Le traitement est le mĂŞme, un peu distancĂ©, un peu dĂ©goĂ»tĂ©, avec façon de vouloir faire dire aux interviewĂ©s que c’est quand mĂŞme pas normal. 36 ans pour rien. Ma vie pour rien en droit des lesbiennes.

Ce pays a un grave problème. Mais prenons le temps du débat, tiens. #trahisonsocialiste

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La déconnexion du PS

Si une majoritĂ© (59%) de Français est opposĂ©e Ă  l’autorisation de la gestation pour autrui (GPA),  57% se disent favorables Ă  autoriser la procrĂ©ation mĂ©dicale assistĂ©e (PMA), selon un sondage* rĂ©alisĂ© par l’institut Harris Interactive pour LCP-AssemblĂ©e nationale.

— Sondage : une majorité de Français favorable à la PMA, Le Parisien.

Je vois passer ce truc partout ce matin et ya un truc qui chagrine dans cette histoire de sondage. Quand bien mĂŞme une «majorité» de sondĂ©s seraient contre, on n’est pas acteur ou non du progrès social Ă  cause ou grâce Ă  un sondage. Quand c’est la bonne chose Ă  faire, il faut le faire (surtout quand c’Ă©tait dans le programme). On ne gouverne pas par sondage.

J’ai l’impression que le PS s’est coincĂ© entre une politique du sondage mal interprĂ©tĂ©s (incapables de se projeter dans le «vrai» monde alors ils interprètent mal des sondages, un bien mauvais moyen de prendre la tempĂ©rature d’un pays de toute façon), une politique des urnes nourrie d’automythologie («nous sommes le parti de la gauche») et une politique carriĂ©riste (tout pour ĂŞtre rĂ©Ă©lus). Reste pas beaucoup de place pour les idĂ©aux, hein.

La tĂŞte du PS ne sait pas qui nous sommes, en fait. Comme le reste de la droite, mais au moins, l’UMP ne fait pas semblant d’ĂŞtre progressiste. Je dis «nous» au sens large d’ailleurs, les gens qui veulent du progrès social, qui veulent qu’on vive ensemble de manière apaisĂ©e et que les gens aient les chances de se rĂ©aliser, sans que notre vie soit dictĂ©e par une convention du MEDEF ou un dĂ©lire religieux.

Du coup, le gouvernement et la majorité naviguent à vue, aveuglé par leurs privilèges. Je veux dire, faut être sacrément à la ramasse pour oser dire un truc comme ça :

Interrogé sur France Info ce mercredi 5 février au sujet de la PMA, François Rebsamen, le président du groupe socialiste au Sénat et le sénateur-maire de Dijon, a assuré que ces sujets de société étaient définitivement parisiens.

VoilĂ  ce qu’il explique:

Ce pays est quand mĂŞme confrontĂ© Ă  des formes de dĂ©pressions nerveuses gĂ©nĂ©ralisĂ©es qui semblent des fois assez incomprĂ©hensibles quand on vient,j’ose le mot, de province.

Il considère de manière gĂ©nĂ©rale que la plupart des Français ne comprennent pas ce qu’est la PMA:

Une grande majoritĂ© de Français ne sait mĂŞme pas ce que c’est.

Ce sont des sujets où la société met du temps à évoluer, regardez le Pacs il y a 12 ans.

François Rebsamen salue ainsi la, “sage” selon lui, dĂ©cision du gouvernement de reporter sine die le projet de loi sur la famille.

 — François Rebsamen, la PMA est «assez incompréhensible quand on vient de province», Le Lab.

Il rĂ©ussit Ă  ĂŞtre mĂ©prisant avec tout monde en deux phrases : violence de classe («les pĂ©cores sont trop cons pour comprendre»), homophobie («le vice bourgeois»), mĂ©pris des habitants urbains («bobos hystĂ©riques»). Je veux dire, pour ĂŞtre simpliste, les agriculteurs, ils ont pas vraiment besoin qu’on leur explique la PMA. Par contre, les mecs blancs hĂ©tĂ©rosexuels du PS ont besoin qu’on leur explique les discriminations liĂ©es Ă  l’identitĂ© de genre et Ă  l’orientation sexuelle.

François Rebsamen ne sait pas de quoi il parle, tout simplement. Comme le PS. #trahisonsocialiste

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Le discours d’une reine

— Discours de Panti au théâtre national irlandais, the Abbey, février 2014 (Sous-titres français disponibles).

Il n’y a pas qu’en France que les lobbies catholiques traditionalistes oeuvrent pour maintenir les homos dans leur Ă©tat de sous-citoyens. En Ireland aussi, les rĂ©acs ont bien compris que la bataille se jouait aussi sur le sens des mots.

Mon ami Cormac, qui a postĂ© la vidĂ©o sur FB, nous donne un peu de contexte pour la video ci-dessus (mĂŞme si le discours est suffisamment fort pour se suffire Ă  lui-mĂŞme): Suite Ă  des menaces juridiques Ă©manant du Iona Institute, un groupe de lobby traditionaliste, la chaĂ®ne publique irlandaise RTÉ a censurĂ© sur internet un Ă©pisode du Saturday Night Show local diffusĂ© prĂ©cĂ©demment (thanks Paddy for the link) dans lequel Rory O’Neill (alias Panti de son noms de drag queen) avait appelĂ© quelques-uns des membres du groupe des homophobes. Une semaine plus tard, RTÉ a diffusĂ© des excuses au groupe et payĂ© 85.000 € en «dommages».

Tout ceci parce que Panti avait traitĂ© d’homophobes des gens qui militent pour que les homos soient traitĂ©s moins bien ou diffĂ©remment que les hĂ©tĂ©ros. SommĂ©e de s’expliquer de toute part, elle a dĂ©couvert qu’aujourd’hui en Ireland, tant qu’on est pas mis en prison ou attaquĂ© physiquement, on ne peut pas se dire victime d’homophobie.

Le traitement journalistique est tout aussi hallucinant, ne parlant que l’«insulte» qu’a profĂ©rĂ© Panti; et c’est lĂ  que se trouve le renversement sĂ©mantique le plus vicieux de l’histoire: Les victimes de l’homophobie sont donc dĂ©sormais les homophobes.

Ca ne vous rappelle rien ? Exactement, c’est les mĂŞmes mĂ©canismes que ceux employĂ©s par les ligues rĂ©actionnaires que nous voyons dans les rues françaises ces jours-ci. Tordre la dĂ©finition des mots Ă  leur avantage, en particulier concernant l’homophobie, parce qu’ils savent qu’ils n’est plus possible en 2014 d’ĂŞtre cataloguĂ© publiquement homophobe, mais qu’ils ne sont bien sĂ»r pas pour l’Ă©galitĂ©. C’est ce qu’essaye, pĂ©niblement, de faire croire les 3 pĂ©dĂ©s qu’ils ont recrutĂ© dans leurs rangs : On pourrait militer contre certains droits, sans ĂŞtre homophobes. Et bien non.

C’est comme le sexisme : Il n’y a pas de juste milieu. On ne peut pas ĂŞtre «un petit peu» homophobe. On est soit sexiste, soit fĂ©ministe. On est pour l’Ă©galitĂ© ou on est contre. ĂŠtre contre le mariage pour tous les couples, c’est ĂŞtre homophobe. Refuser la PMA aux seules lesbiennes, c’est ĂŞtre lesbophobes. Refuser des papiers aux seuls trans, c’est ĂŞtre transphobes.

Ce n’est pas aux homophobes de dĂ©finir l’homophobie. C’est Ă  nous, qui en souffrons, de le faire. C’est Ă  nous de choisir nos champs de bataille, pas Ă  eux. Encore une fois, c’est une folle qui monte au front, pour nous le rappeler.

[Edit 6/02/14]

La réaction de Dan Savage :

So consider this post a thank you note to shitty bigot John Waters and shitty bigot Breda O’Brien and all the shitty bigots at the Iona Institute. Thank you for bringing Panti Bliss to our attention. Thanks to your stupidity and Rory “Panti Bliss” O’Neill’s eloquence, Panti has gained an international following. And if you shitty motherfuckers are dumb enough to sue Panti, know this: she not only has thousands of supporters in Ireland, she has thousands of new supporters all over the world. Myself included. And we will spread the word and we will raise money and we will call you shitty fucking homophobes without a moment’s hesitation. Because you’re a bunch of shitty fucking homophobes.

— Stupid Irish Homophobes and Their Big Homophobic Fail, The Stranger.

[/Edit]

[Edit 7/02/14]

Rue89 parle du discours de Panti, en titrant: «Je ne vous dĂ©teste pas» : le discours brillant d’une drag-queen irlandaise contre l’homophobie. Tout est dit dans ce titre : Il faut d’abord et avant toute chose rassurer les hĂ©tĂ©ros, parce que tout le monde sait que quand on l’ouvre en tant pĂ©dĂ©, c’est toujours une agression pour les mecs hĂ©tĂ©ros, avant mĂŞme d’ĂŞtre entendable. Et toujours pour rassurer ses lecteurs, et probablement lui-mĂŞme, le journaliste dĂ©cide aussi de citer LE passage qui dĂ©responsabilise les hĂ©tĂ©ros de l’homophobie parce que «nous sommes dans une sociĂ©tĂ© homophobe», assimilant ainsi les hĂ©tĂ©ros Ă  des victimes, au mĂŞme titre que les homos. Pour parler d’un discours dĂ©nonçant la perversion de transformer les homophobes en premières victimes de l’homophobie, fallait le faire. Personne ne veut ĂŞtre le MĂ©chant de l’histoire, mais un jour, va falloir assumer. La citation tronquĂ©e choisie finissait par «Mais parfois, je me dĂ©teste moi-mĂŞme. Je me dĂ©teste parce que je me surveille lorsque je suis Ă  un passage piĂ©ton. Et parfois je vous dĂ©teste parce que vous me faites ça.» Indeed.

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(En attendant, vous pouvez toujours répondre «Yes» à ce sondage en ligne, http://aretheionainstitutehomophobic.com)

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François Hollande est de droite et sa politique du consensus est dangereuse

«Je reste socialiste (…). Je ne suis pas gagnĂ© par le libĂ©ralisme, c’est tout le contraire, puisque c’est l’Etat qui prend l’initiative.» Cette phrase de François Hollande, lors de ses vĹ“ux Ă  la presse, mardi 14 janvier, voulait rĂ©pondre par avance aux critiques qui accompagnent ses annonces Ă©conomiques. En choisissant clairement une politique «de l’offre», qui vise Ă  amĂ©liorer les marges des entreprises, le chef de l’Etat a rompu avec la tradition, Ă  gauche, de relance par la demande et la dĂ©pense. Et s’est rapprochĂ© fortement, sur le plan Ă©conomique du moins, des idĂ©es dĂ©fendues par son adversaire de la prĂ©sidentielle 2012, Nicolas Sarkozy.

— Hollande fait-il de l’Ă©conomie Ă  la Sarkozy?, Le Monde.

Le libéralisme, chez cet homme qui, en 2012, a lui-même (brièvement) revêtu, pour les besoins d’une campagne électorale, un déguisement d’«adversaire» de la «finance», n’est donc pas une nouveauté de la semaine – mais bien plutôt la ligne, très (à) droite, dont il ne s’est jamais détourné depuis trois décennies: cela est abondamment documenté, et les éditocrates qui présentent ses dernières annonces – dûment ovationnées par de larges pans de la droite et du patronat – comme une tardive conversion ne peuvent bien sûr pas ne pas le savoir.

Mais en rĂ©pĂ©tant – mensongèrement – qu’il s’agit d’un «tournant»: ils peuvent donner l’impression que leurs incessantes exhortations Ă  rĂ©duire la dĂ©pense publique et le coĂ»t du travail ont Ă©tĂ© de quelque effet sur des choix oĂą ils n’ont, en rĂ©alitĂ©, nullement pesĂ© – puisqu’aussi bien, rĂ©pĂ©tons-le, François Hollande applique dĂ©sormais le programme qui Ă©tait dĂ©jĂ  le sien dans les annĂ©es 1980, lorsqu’il prĂ©conisait: «Les comptes doivent forcĂ©ment ĂŞtre Ă©quilibrĂ©s, les prĂ©lèvements obligatoires abaissĂ©s, l’initiative libĂ©rĂ©e.»

— François Hollande, libéral depuis 1985, Bakchich.info.

L’allĂ©geance de François Hollande aux politiques de droite ne se limite pas Ă  ses propositions Ă©conomiques (assez largement commentĂ©es pour que je ne m’y attarde pas). Sur les questions de sociĂ©tĂ© aussi, le PrĂ©sident de la RĂ©publique donne des gages au conservatisme. (…)

Nous voici, donc, avec un président de la République qui, d’un ton patelin, défend la discrimination, confond allègrement légal et illégal et réhabilite avec bonhomie, les forces les plus obscurantistes et antirépublicaines de la société.

François Hollande réussit la synthèse entre le pire du système présidentiel : quand un seul homme décide, et celui du système parlementaire : quand une minorité finit par imposer ses idées à la majorité. Ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac, lors des cohabitations avec des majorités qui ne leur étaient pas favorables, n’avaient pour autant renoncé à défendre les valeurs de leurs électorats respectifs.

François Hollande qui lui pourrait s’appuyer sur une majorité qui détient tous les pouvoirs a non seulement choisi de ne pas s’opposer à la domination idéologique de la droite, mais il est en train d’offrir à ses courants les plus violemment réactionnaires un pouvoir que les urnes leur ont refusé. Ils ne se priveront pas d’en abuser.

— La violence du consensus, Gwen Fauchois.

Hashtag trahison socialiste.