Hypatie

J’ai attendu presque un an pour regarder les dernières minutes d’Agora, le peplum philosophique d’Alejandro Amenábar. Je savais qu’Hypatie allait mourir sous les pierres des premiers chrétiens et mon coeur se serrait à y penser. Accusée de ne croire en rien, le personnage de Rachel Weisz répond qu’elle croit en la philosophie. Une femme intelligente et libre, quelle chance avait-elle face à la puissance obscurantiste des religieux. Aucune.

That terrible lost world

For one thing, he’s willing to unambiguously talk about his sexual orientation. His eight-month role in Angels was both “the most challenging thing I’ve ever done as an actor and the most rewarding” he says. Having to inhabit that terrible lost world, if only in his mind, took a toll. “And at the same time, as a gay man, it made me feel like there’s still so much work to be done, and there’s still so many things that need to be looked at and addressed.”

— What’s Up, Spock?, New YorK Magazine. Ce qui est intéressant ici, c’est que ce qui le pousse à faire son coming-out, c’est ce qui a, en grande partie, alimenté le feu du mouvement de libération gay : la proximité de la mort à travers l’épidémie de sida. La puissance de Angels in America reste intacte. «Ce terrible monde perdu», comme il dit, n’est pas si loin qui ça.

Et maintenant, on va où?

Dans la lumière pâle de la salle de cinéma, ya ma grosse souris qui sanglote. J’attends avec lui la fin du générique et nous sortons, dans la fraîcheur de la nuit d’automne. C’est marrant, ça vient toujours d’un seul coup à Paris; même s’il fait chaud pendant le jour, vient une date, on ne peut plus sortir sans se couvrir le soir.

— J’ai entendu toutes ces phrases, me dit-il, avec l’embarras d’un homme qui n’aime pas pleurer. En vrai. Je n’ai plus l’habitude, d’entendre parler Libanais comme ça, pendant deux heures. Et c’est le Liban, raconté par des Libanais, ce n’est pas la même chose. Et je me rends compte que je suis le produit de tout ça.

Et maintenant, on va où?, le conte de Nadine Labaki, m’a fait pleurer aussi. Mais les larmes de Nicolas viennent de bien plus loin, d’un pays et d’une époque que je ne connais pas. D’une douleur vécue, léguée, toujours présente. De la guerre.

Crédits

Manifestement, Madonna remercie Leni Riefenstahl dans les crédits de son dernier film, W.E., selon Variety.

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C’est à ce moment précis que Ripley comprend qu’elle n’est pas la seule survivante du crash de la navette. En regardant la version remontée en 2003 de Alien3, difficile de croire que David Fincher a commencé à tourner sans que le script soit fini. Il déteste tellement son film qu’il l’a fait disparaitre de sa filmographie officielle. Poursuivre la lecture

Le feu et l’ombre

Au cœur d’un fil de discussion sur Facebook, autour du bareback et de la prise de risque chez les pédés, Hélène Hazera, dont la culture encyclopédique force le respect et l’humilité, concluait son argumentation par cette phrase : «Et nous tournons en rond dans le noir, dévorés par le feu.»

L’incandescence de ces mots m’a cueilli, j’ai été tellement impressionné que j’en ai pleuré, bêtement, de jalousie de savoir que quelqu’un pouvait écrire une phrase aussi belle et de fièvre en reconnaissant dans ces mots le rapport des pédés au sexe. J’ai emprunté la piste qu’Hélène avait laissé, angéliquement, à la fin de son commentaire et internet m’a permis de comprendre, malgré mon inculture, d’où venait cette phrase.

In girum imus nocte et consumimur igni — Nous tournons en rond dans le noir et nous sommes dévorés par le feu — est le titre du film de 1978 de Guy Debord, dans lequel il reprend les idées de son livre de 1967, La société du spectacle. Le film est présent sur le web en 9 partie.

Hélène avait écrit sur le mouvement situationniste dans Libération, entre autre dans Les dernières projections de Guy Debord.

Le titre en latin, un palindrome, est un vers de Virgile, qui, depuis son tombeau, nous a laissé une phrase brûlante de toute sa sombre lucidité : Nous tournons en rond dans le noir et nous sommes dévorés par le feu.

Bilbo

Jackson s’est fait péter un ulcère et toute l’équipe du Hobbit en profite pour se poiler durant les conférences de presse : Jackson on health ‘house arrest’. [via] C’est moi et mes hormones printanières ou bien il y a une grosse possibilité d’explosion de foufoune sur certains acteurs (le cadreur est visiblement hétéro, on voit rien).

Price

“The price of assimilation is mediocrity,” he states plainly. He then quips, “I think we’ve made great strides toward mediocrity.”

— John Cameron Mitchell, John the Divine.