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Le fonds Google est une taxe Google.

L’accord porte sur un fonds de 60 millions d’euros, entièrement financé par Google. « Il est doté d’une gouvernance ouverte avec un conseil d’administration composé de membres indépendants », a déclaré Marc Schwarz, médiateur entre les éditeurs de presse et Google.

Ce fonds doit sélectionner des projets auprès de la presse quotidienne ou magazine, afin de « faciliter la transition vers le numérique ». « L’objet de ce fonds n’est pas d’aider des exploitations en difficulté », a précisé le médiateur.

Accord à l’amiable entre Google et les éditeurs de presse, Le Lab, Europe 1.

Donc, des éditeurs de presse, avec des supports et de contenus fatigués, vont avoir accès à un fond spécial pour faire aussi pire, mais sur le web? Ce fonds ressemble à une taxe, payée aux éditeurs.

Le seul intérêt de ce fonds, c’est si les petits sites ou projets indépendants peuvent y avoir accès.

Un fonds alimenté une fois par Google, et dont François Hollande a précisé que lors qu’il serait « épuisé, il y aura une nouvelle rencontre », a précisé le chef de l’Etat sur le ton de la blague.

(En fait, il ne plaisante pas, hein.) Google achète leur silence mais la presse française n’a toujours pas de projet.

[Edit 03/02/13]

Et pour la presse, reste donc maintenant à se déchirer en interne. Car cet argent n’est pas un chèque à verser aux journaux directement.  » Google abondera un fonds d’aide à la transition numérique pour la presse à hauteur de 60 millions d’euros. Le fonds aura vocation à financer des projets de « changement structurels », après décision d’une commission. Seule la presse d’information généraliste – « pure players inclus » – seront éligibles à l’aide de ce fonds « précise LeMonde.fr

La presse d’information généraliste, c’est à dire les quotidiens nationaux mais aussi les 66 quotidiens régionaux, les newsmags tels que L’Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Marianne, auxquels il faut donc ajouter les pures-players… soit entre 80 et 100 acteurs éligibles à ce fonds de 60 millions d’euros. A vos caculettes, au final cela risque de ne pas faire bien lourd pour chacun. Ou pire, encore une fois ce sont les très gros acteurs du secteur qui raffleront le gros de la mise, ce qui ne pèsera pas grand chose dans leurs propres comptes et ne laissera que les miettes aux autres….

— La méthode Hollande appliquée à Google, Erwann Gaucher.

Depuis sa création, le Spiil a fait de l’obligation de la transparence des aides publiques à la presse, un de ses principaux combats. Or, il est question aujourd’hui d’une aide privée soutenue par les pouvoirs publics, d’un montant de 60 millions €, soit exactement le montant de l’aide attribuée par l’Etat au développement de toute la presse numérique en trois ans, entre 2009 et 2011 (Fonds SPEL), et six fois l’aide qu’il a accordée en 2012 (10 millions € pour la section 2 du nouveau Fonds stratégique).

Au même titre que les aides publiques, le fonctionnement de ce fonds soutenu par les pouvoirs publics doit être transparent : la composition de la commission d’attribution des aides doit être connue rapidement ; les critères d’attribution doivent être divulgués ; les projets financés, leur montant et les bénéficiaires doivent être rendus publics.

Le Spiil demande que l’accord Google – IPG soit rendu public, Spiil.org.

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[Edit 20/02/13]

La condition? Être ciblés « presse d’information générale et politique » par la CPPAP, la Commission Paritaire des Publications et Agences de Presse. Un sésame qui, jusqu’ici donnait droit à une TVA réduite, à des tarifs postaux eux aussi réduits et à un certain nombre d’aides à la presse. 167 journaux très variés, du Monde à Charlie Hebdo donc, en passant par les quotidiens régionaux, les gratuits Metro et 20 Minutes ou des médias beaucoup moins connus tels que Le Courrier des Balkans.

Côté pure-players, on retrouve dans cette liste Rue89, Slate et Slate Afrique, Mediapart, Atlantico, le défunt Owni.fr (l’occasion du résurrection?), Quoi.info, Backchich, Arrêt sur images, Les Nouvelles News et même LePost.fr ainsi que de nombreux pure-players régionaux (Carré d’info, Aqui.fr, Dijonscope, Rue89 Lyon, Rue 89 Strasbourg, Le Telescope, Marsactu…)

— Quels médias vont pouvoir bénéficier des 60 millions de Google?, Erwann Gaucher.

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