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La presse électronique : juste le gland

Surprise (not really) : Les seconds numéros numéros des version iPad des magazines papier ne se vendent pas bien et les éditeurs recommencent à suer dans leur calbute :

Pourtant, pour qui a un iPad, avec toutes les limitations et toutes les réussites de l’objet, il est évident que la presse ne peut espérer traduire directement en version électronique les versions papiers. La principale raison, pour moi, est que les magazines/journaux sont une entité finie, alors que la tablette web est par essence un medium infini, un medium de flux (on cherche encore la fin d’internet).

Laurent Chambon a écrit dans Minorités un bon truc — iPad et médias, une histoire de n’importe quoi — qui expose les autres limites de ces premiers essais, en reprenant au passage les bases du modèle financier des publications :

Pour l’instant, la presse traditionnelle n’est pas prête de sauver sa peau. Elle n’est pas capable de s’adapter à la fin de la vache-à-lait des annonces, ni de la consommation gratuite d’information, ni des nouvelles technologies, comme on les appelle avec angoisse au Monde. Peut-être parce qu’elle continue à être financée à fonds perdus par ceux qui pensent qu’ils peuvent encore y exercer une certaine influence, ou parce que l’État la finance en partie directement et indirectement (il y a tant à écrire sur ces fonds d’aide à la presse…).

Mon impression est que cette incapacité à comprendre l’économie de la presse dans la deuxième décennie du 21e siècle est le reflet de la domination d’une classe dirigeante (ici, économique et médiatique) qui n’a pas encore saisi ce qui se passe vraiment, et à qui on passe systématiquement ses coûteuses erreurs.

Choire Sicha, dans Magazines Are At War With Their Own iPad Apps, nous rappelle aussi la différence de prix abyssale entre les publications numériques et les abonnements incroyablement avantageux pour les versions papier :

And those who aren’t subscribers, well if they’re not willing to buy in for the actual magazine at like practically nothing a year, why would they pay for their iPad edition, which actually, in the case of Vanity Fair, costs $4.99 for the first issue? I mean, on the same web page that announces their $4.99 iPad app, up top they’re trumpeting their “ONLY $1 an issue” subscription rate. How is that even happening???

Les éditeurs veulent leur part du gâteau numérique et sont probablement véritablement concernés par le futur des publications. Mais au lieu d’ouvrir les yeux et d’embrasser toutes les possibilités de ces nouveaux médias, ils font les bêcheuses et y viennent à reculons, en y mettant la moitié du gland, avec des versions pourries et chères de leurs magazines. Il y a des moments, il faut savoir y aller à fond.

L’iPad n’est pas le futur des publications papiers, mais c’est évidemment le futur de l’information.

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