La pire génération

I hate the Boomers.

I know it’s a sin to hate, so let me put it this way: If they were animals, they’d be a plague of locusts, devouring everything in their path and leaving but a wasteland. If they were plants, they’d be kudzu, choking off every other living thing with their sheer mass. If they were artists, they’d be abstract expressionists, interested only in the emotions of that moment—not in the lasting result of the creative process. If they were a baseball club, they’d be the Florida Marlins: prefab prima donnas who bought their way to prominence, then disbanded—a temporary association but not a team.

Of course, it is as unfair to demonize an entire generation as it is to characterize an entire gender or race or religion. And I don’t literally mean that everyone born between 1946 and 1964 is a selfish pig. But generations can have a unique character that defines them, especially the elites of a generation—those lucky few who are blessed with the money or brains or looks or skills or education that typifies an era. Whether it was Fitzgerald and Hemingway defining the Lost Generation of World War I and the Roaring Twenties, or JFK and the other heroes of the World War II generation, or the high-tech whiz kids of the post-Boomer generation, certain archetypes define certain times. (…)

It is my contention that the single greatest sin a generation can commit is the sin of selfishness. And it’s from this standard that I draw my harsh conclusion.(…)

At nearly every critical juncture, they have preferred the present to the future; they’ve put themselves ahead of their parents, ahead of their country, ahead of their children—ahead of our future.

— The Worst Generation. Or, how I learned to stop worrying and hate the Boomers, Esquire.

(Oui, c’est mon obsession du moment.)

«Faites que ces gens s’en aillent»

A l’hôpital, Mme Veil est restée encore une demi-heure dans la chambre en question. En sortant, elle s’excuse auprès de moi. Elle me dit : «C’était trop dur. Ça me faisait penser aux camps. Aux camps de concentration. On parlait de choses si graves. Il est si maigre, si maigre. C’était trop dur.» Ensuite, elle est partie. Puis l’étonnant. Madame Veil n’a pas tout simplement disparu. Elle est revenue à l’hôpital.

Ministre de la Santé, pas que devant les caméras, Tim Greacen, Libération.

Je les porte aussi en moi, ces morts si maigres, dans le confort de mon traitement, comme le squelette mal ajusté d’un corps en surpoids parce que simplement vivant.

Le temps des génération X et Y

Now we have entered a period when these two generations are having a major impact on politics. This is a moment, comparable to the one when the Greatest Generation (New Deal and World War II) came of age or the Baby Boom generation (1960s and 1970s) reached maturity and forced the parties to adjust and change the way they did business.
The maturation of X and Y will have implications on the process, substance and relative importance of politics compared with other sectors of society. The impact on the process has already been evident in the last two presidential cycles.

— Generations X and Y start to rule politics, Julian Zelizer, Cnn.com.

J’aimerai être plus confiant que l’auteur dans les changements que ça annonce, en particulier en France (Est-ce ma dépression française ou ma méfiance naturelle qui parle?). Et surtout, je me demande si aux États-Unis, on ressent aussi fortement l’impression que les baby-boomers ne veulent pas laisser leur place aux suivants, et que ceux qui gardent les commandes en France, en politique ou dans l’industrie culturelle, sont dans l’incapacité de comprendre ce que nous vivons désormais.

Fichés


Exemple de fiche de recherche 1891, Boutry et son assassin (homosexuels), Louise Gray (avortement)


Exemple de photographies antropométrique de condamnés pour crimes passionnel, 1907-1912.


Portraits antropométriques sur plaques de verre, début XXe siècle.


La fiche de Germaine Tillion dans un registre de déportées libérées de Ravensbrück rapatriées grâce au gouvernement suédois.

Dernier jour de l’expo Fichés ?, au Musée des archives nationales, principalement centrée sur l’usage de la photographie dans le fichage (rien sur le numéro de sécurité sociale ou René Carmille). Si vous l’avez loupée, France cul’ propose une visite en photos.

Fichés les anars, les putes, les pédés, les coupables de crime passionnel, les femmes qui avortent —pas seulement les faiseuses d’anges— et les vendeurs de chevaux, car on cherche aussi les ressemblances physiques entre les personnes d’une même profession.

Les colonies, les grandes tragédies du XXe siècle, les arméniens et leur demande de visa en tant, les apatrides, les Juifs fichés par Vichy et les Juifs fichés à leur retour des camps.

D’abord les minorités, puis la majorité des personnes habitant en France. Tous fichés, sans une seule utilisation au bénéfice de la population et avec tellement de mauvaises.

Pas de pièces datant d’après les années 60, parce que protection des données personnelles. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est pire : les fichiers existent toujours mais nous sont inaccessibles.

En sortant, entendre une femme qui explique à son gamin qui demande pourquoi on a des papiers d’identité : «Mais pour savoir qui tu es et où tu habites.» Ah.

Edit de deux minutes après: Fiché, chez Laurent.