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Noirs de France, ni victimes, ni «potes»

Je demande [aux hommes politiques] pourquoi ils ne sont pas capables de faire ce que les politiques ont fait il y a un siècle : élire un vice-président de l’Assemblée nationale noir (Gerville Réache). Ils me répondent : « Vous êtes sûr ? »

Ils parlent de laïcité, mais le premier homme musulman élu au sein de la République est entré en djellaba au sein de l’Assemblée nationale française et à l’époque, ça n’a choqué personne. Est-ce que vous voyez combien nous avons régressé !

Il faut du temps pour faire avancer l’opinion ? Mais ce sont les politiques qui ont fait régresser l’opinion, parce qu’ils n’ont pas le courage de leurs aînés.

Difficile de faire élire des élus de la diversité ? Mais Monnerville [ancien président du Sénat, ndlr] s’est fait élire dans le Lot ! Il faut en permanence se battre contre nos propres élites.

— Pascal Blanchard: «Les Noirs de France ne sont pas des victimes».

Qui aurait cru, en 2000, qu’un président français déclarerait un jour que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » (Nicolas Sarkozy, lors de son discours de Dakar, en 2007, ndlr) ? On pensait que tout cela était derrière nous, mais non. Il faut dire aussi que la gauche a manqué d’une parole ferme, d’une politique explicite. Elle a tenu ce discours ambigu avec SOS Racisme, « Touche pas à mon pote ». Mais les Noirs ne sont pas des « potes », ce sont des citoyens comme nous ! Si au moins elle avait permis à certains d’entre eux d’émerger parmi ses élites, on n’en serait pas là.

— Les “Noirs de France”, les oubliés de l’histoire officielle.