Cette scène de « Scandal » qui expose le sexisme de l’espace politico-médiatique

Je regarde Scandal en ce moment. Il y aurait beaucoup à dire sur le fait que c’est une série avec une femme noire dans le rôle principal et qu’il y a un couple de pédé républicains cinquantenaires qui s’embrassent à l’écran; vous me direz si vous voyez d’autre séries qui apportent ça, j’en ai pas trouvé. Mais je commençais à me demander pourquoi je m’acharnais à risquer le diabète en subissant la guimauve romantique, la musique patriotique et les frasques des héros friqués pseudo-espions.

Ce speech de la guest-star Lisa Kudrow, diffusé en novembre dernier, dans l’épisode 6 de la 3e saison, me fait pardonner toutes les faiblesses du scénario. Je n’ai jamais vu un discours aussi clair sur le sexisme et les médias dans une série, en plus délivré par une femme politique, face à un journaliste pédé cis blanc, sur les conseils de sa directrice de campagne noire. C’est tellement d’intersectionnalité que j’en ai fait un trou dans ma culotte. Préparez l’insuline, I’m not quitting.

«Beirut, I Love You», du court-métrage aux web séries

Beirut, I Love You (I Love You Not), Mounia Akl & Cyril Aris.

Beirut, I Love You (I Love You Not), a Beirut-ish tribute to Jean-Pierre Jeunet, Amelie Poulain, is a short film by Mounia Akl & Cyril Aris about (fleeting) love & the little pleasures in life, all set and in relation with the very inspiring city of Beirut.

Ce court métrage, dans lequel on retrouve brièvement nos amis de Mashrou3 Leila, a été adapté en une très bonne série TV/web, Beirut, I Love You qui revient sur l’histoire des personnages du court (et qui montre entre autres des persos arméniens-libanais, spécial dédicace to my bride-to-be)

(Et j’ai mal compris ou la sœur a une petite amie ? La sœur de Tarek est effectivement lesbienne.)

Les deux auteurs ont également écrit Fasateen («Robes»), diffusé sur Yahoo! Maktoob et produit par Katia Saleh, qui parle de la vie de plusieurs femmes libanaises:

Usant de ce même ton léger, pour parler de problèmes de société parfois plus graves, Fasateen décrit l’histoire – et le profil – de trois femmes trentenaires, au parcours et aux choix différents, évoluant dans une société arabe aux multiples tabous. Il y a d’abord Alia, mère célibataire qui élève seule son fils de 10 ans, son mari, endetté ayant pris la poudre d’escampette; Lama, bourgeoise superficielle, gâtée par un époux riche et absent (il travaille à Dubaï), et n’a qu’une (pré)occupation dans la vie: être belle et, enfin, Karma, jeune femme libérée, bien dans sa peau, qui essaie de trouver sa place au sein de sa famille et de la société.

« Fasateen, » une série libanaise qui séduit le Net, L’Orient-Le Jour.

I always wanted to be a supermodel

En cherchant des accessoires pour notre mariage, Nico est tombé sur cette vidéo de Dean and Dan Caten, les jumeaux Canadiens (de Toronto <3) à la tête de la maison DSQUARED2, qui ont décidé au début de l’année 2013 de se travelotter pour représenter leur collection. Du coup, elles ressemblent à leurs plus riches clientes. Pointu. (Et assez fabuleuses, il faut le dire.)

Sens le jasmin

Sens le jasmin
Goûte la mélasse
Et souviens-toi de te souvenir de moi
Mon frère, ne m’oublie pas
Mon amour, mon trophée

J’aurais aimé te garder auprès de moi
Te présenter à mes parents, te faire couronner mon coeur
Préparer tes repas, nettoyer ta maison
Gâter tes enfants, être ta femme au foyer

Mais tu es dans ta maison, et moi dans une autre
Dieu, je souhaiterais que tu ne sois jamais parti

Sens le jasmin
Et souviens-toi de m’oublier

Shim el Yasmine / Sens le jasmin. On a pas besoin de traduction, parfois, tellement l’émotion est prégnante.

En 2008, sept étudiants de l’université américaine de Beyrouth créent leur ensemble dans la salle de musique du campus, en bord de mer, et se baptisent Mashrou’Leila, qui veut dire à la fois «Projet Leila» et «Le projet d’une nuit». Un chanteur, deux guitaristes, un bassiste, un violoniste, un batteur, et une pianiste, qui se mettent à écrire de la «pop indé arabe». A l’époque, ça n’existe pas vraiment et c’est justement ce qui fait leur succès. Ils chantent en arabe libanais et parlent de drogue et de sexualité. Une bouffée d’air pour les jeunes. Une hérésie pour les tenants de la grande chanson arabe en langue classique qui se doit, d’Oum Kalthoum à Fairouz, de surtout parler d’amour!

Mashrou’Leila préfère dénoncer la violence domestique, la corruption. Ou parler d’une relation entre deux hommes, dans Shim el Yasmine.

(…)

«Lorsque sort la chanson Imm el jacket, qui raconte l’histoire d’une femme refusant de s’habiller comme une femme, on nous a accusés de promouvoir la transsexualité et d’écrire très mal. Aucun journaliste n’a reconnu le texte du poète libanais Omar al Zo’ini, écrit avant la Seconde Guerre mondiale!»

— Mashrou’Leila, pop indé et poil à gratter de la chanson libanaise, Slate.fr.

Évidemment, la presse française, qui a ses propres problèmes avec les questions LGBT, en profite pour invisibiliser nos luttes au passage : Aucune mention du fait que le chanteur, Hamed Sinno, est out, dans un pays où la police pratique encore les rafles dans les clubs gay et les examens anaux pour déterminer qui est passif.

For his part Sinno appears unmoved by the criticism from his country’s more conservative elders: He wants the band’s music to inspire Arab gay, lesbian, transgender and bisexual fans “to forge for themselves a sense of belonging to the region, in spite of the incredible repressing they have to live through.”

— Gay Lebanese Singer Hamed Sinno Navigates Middle Eastern Taboos Through Music, Queerty.com.

L’émotion de ce clip, c’est aussi celui d’un homo qui passe à la télé, dans un pays qui a du mal à voir ses minorités sexuelles. Les regards de la femme et de l’homme autour de la table. Les applaudissements réservés. On dirait que tous attendent d’être frappés par quelque chose de terrible alors que les lignes bougent.

Happy Pride.

Education is Awareness

In 2005, author David Foster Wallace was asked to give the commencement address to the 2005 graduating class of Kenyon College. However, the resulting speech didn’t become widely known until 3 years later, after his tragic death. It is, without a doubt, some of the best life advice we’ve ever come across, and perhaps the most simple and elegant explanation of the real value of education.
We made this video, built around an abridged version of the original audio recording, with the hopes that the core message of the speech could reach a wider audience who might not have otherwise been interested.

— This Is Water, by David Foster Wallace. [via]

La surconsommation

Un extrait du film Samsâra. Je ne suis pas très branché propagande végan et encore moins bouddhiste, et le raccourci avec la dernière image est bien facile: Il faut interroger les pressions économiques qui poussent les plus pauvres à bouffer de la merde qui leur abîme le corps et arrêter de le présenter comme un « choix ». Mais je pense qu’il faut plus d’images sur comment notre bouffe est produite aujourd’hui. Si tu achètes de la viande pas chère, les conditions d’élevages sont dégueulasses.

[via reddit, mais je sais plus où]

Would you like to pose for me?

In Webcam Venus, we asked online sexcam performers to replicate iconic works of art. This piece is an experimental homage to both fine art and the lowbrow internet phenomenon of cams. Sexcams use webcams and chat interfaces to connect amateur adult performers with an audience. Users log on to see men, women, transsexuals, couples and groups broadcast their bodies and sexuality live for the public, often performing for money. To create this experiment in high and low brow media, we assumed anonymous handles and spent a few hours each day for a month asking performers: “Would you like to pose for me?”

Webcam Venus, F.A.T. [via]

Très, très beau.

La citadelle de Kowloon

Fascinant documentaire allemand sur Kowloon Walled City. La Citadelle de Kowloon était une enclave chinoise dans les Nouveaux territoires de Hong Kong. Détruits en 1993, ces blocs insalubres fonctionnaient sans gouvernement, sous la loi des Triades, les habitants y vivant dans des conditions épouvantables.

Ce quartier, comme le reste de la ville de Hong Kong, a servi d’inspiration pour la ville où se déroule le film Ghost in the Shell. [via]

Et parce qu’un film de Jean Claude Van Damme vaut tous les documentaires :

Merci Martin.

The Alarm Clock

Réalisé avec les chutes d’Anchorman, le film Wake Up Ron Burgundy, est sur YouTube et ya Maya Rudolph dedans. (Ce qui veut dire qu’ils l’ont coupé au montage, les fous.) Et The Alarm Clock, quel nom fabuleux pour un groupuscule révolutionnaire.