Vous reprendrez bien un peu de quinoa ?

Ça a beaucoup jasé sur le quinoa de Méluch’, dernièrement. Pour celles et ceux qui n’ont pas suivi, Jean-Luc Mélenchon, dans une interview à Gala, a déclaré tout le bien qu’il pensait de la chénopodiacée en question:

La salade au quinoa a joué un grand rôle pour moi cet été. Elle m’a aidé à faire une sorte de régime végétarien. Elle permet de remplir deux buts : revenir au meilleur poids pour moi car je ne peux pas commencer une campagne électorale en étant au maximum de mon poids (…) J‘ai découvert il y a deux ans le quinoa, je suis en retard quand même. Ça, c’est vraiment la plante de l’avenir.

Avant de revenir sur la réduction de sa consommation de protéines carnées. Le format, le ton et les photos, très people et très « magazine féminin », ont donné lieu à beaucoup de blagues, dans les médias et sur les réseaux, dont certaines m’ont fait rire, comme ce tweet.

Mais interrogeons-nous sur ce qui provoque l’humour, présentemment : C’est que Mélenchon, connu pour son gauchisme viriliste, s’aventure sur les terres des blogueuses cuisine-mode, têtes de turcs favorites de beaucoup sur twitter. En gros, que «le quinoa, c’est un truc de gonzesse». Et évidemment, c’est problématique et révélateur.

Dans une série d’études publiées récemment, les chercheurs ont montré que les gens perçoivent les consommateurs respectueux de l’environnement comme «plus féminins», et que ces consommateurs se perçoivent également comme «plus féminins». De plus, certains hommes déclarent éviter ces comportements écolos afin de protéger leur masculinité, parce qu’une fois de plus, ce qui est féminin porte une connotation négation de faiblesse et donc doit-être évité à tout prix. Cette masculinité —toxique— apparaît donc comme un frein à l’écologie politique.

Personnellement, j’ai envie de donner un peu de crédit au politique qu’est Mélenchon, et ce, même si je suis loin d’être un fan de l’homme. Cela fait un moment maintenant qu’il porte un discours écologique, de réduction de la consommation de la viande, et d’interrogation de notre production agricole. En adoptant cet angle et ce traitement sur le sujet, il a occupé l’espace médiatique pendant plusieurs jours sur la question de la consommation de protéines, la viande et la santé, tout ça parce que notre réflexe sexiste à toutes et tous est de trouver qu’un homme politique qui parle de quinoa dans Gala, c’est, au mieux, drôle, au pire, pas sérieux du tout.

En attendant, donc, sa communication est un succès, comme il le dit lui-même sur Facebook:

Moi aussi, j’aime bien le quinoa. Et moi aussi, je cherche à réduire ma consommation de viande parce que les méthodes d’élevages sont affreuses. Et je pense aussi que l’écologie nous oblige à en affronter cette virilité toxique associée à la production agro-alimentaire. Donc, oui, je reprendrais bien un peu de quinoa, merci.

Edit du 12/09/16 :

Grâce à un commentaire de Gildas sur Facebook, je découvre qu’évidemment, ce que je décris maladroitement ici a un nom :

La pensée occidentale continue de graviter autour de ce que Derrida appelait le carnophallologocentrisme : l’être puissant, c’est l’être carnivore, qui parle le langage de la raison et impose sans scrupule la domination masculine. Et ces injonctions restent vives, puisque les défenseurs de la cause animale se voient souvent reprocher de faire preuve de sensiblerie ou de vouloir imposer leurs émotions.

— Les animaux d’élevage nous regardent, Vincent Message, Libération.

Difficile de trouver beaucoup plus sur internet à ce sujet, mais ce livre de Patrick Llored semble s’y intéresser particulièrement : Jacques Derrida. Politique et éthique de l’animalité.

Air Cancer

A new study from MIT suggests that in the US, 53,000 people a year die prematurely because of automobile pollution, compared to 34,000 people a year who die in traffic accidents.

— More Americans die from car pollution than car accidents, Quartz.

The air we breathe is laced with cancer-causing substances and is being officially classified as carcinogenic to humans, the World Health Organization’s cancer agency said on Thursday.

— Air Pollution Is a Leading Cause of Cancer, Reuters.

Combien de morts sont nécessaires qu’on ait la même politique de prévention que pour la cigarette ?

[Edit 22/10/13]

En parlant de cigarettes :

On peut dire ceci autrement: dans le monde, 80% des 1,4 million de morts prématurés annuels par cancer du poumon sont dus à l’inhalation de la fumée de cigarettes. Cette même inhalation est également impliquée pour une large part dans les décès prématurés causés par d’autres maladies respiratoires (asthme, broncho-pneumopathies chroniques obstructives) et de nombreuses maladies cardiovasculaires. Soit en France, un total de plus de 200 morts par jour. Les autres cancers pulmonaires (20%) sont causés par la pollution particulaire atmosphérique et par les émanations de radon un gaz naturel et radioactif.

Comment comprendre un tel décalage entre la présentation des chiffres du Circ et la réalité épidémiologique du tabagisme? Pourquoi la consommation/inhalation (individuelle) de tabac n’est-elle pas classée dans la catégorie des pollutions atmosphériques collectives? Faut-il faire une différence entre une pollution «voulue» (et autorisée) et une autre qui serait subie? Y aurait-il, ce que l’on ose imaginer, des intérêts croisés entre le Circ et Big Tobacco?

— Oui, l’air est pollué. Surtout par la cigarette, Slate.fr.

[/Edit]

L’intelligence sous-estimée des animaux

Take the question of whether we are the only species to care about the well-being of others. It is well known that apes in the wild offer spontaneous assistance to each other, defending against leopards, say, or consoling distressed companions with tender embraces. But for decades, these observations were ignored, and more attention was paid to experiments according to which the apes were entirely selfish. They had been tested with an apparatus to see if one chimpanzee was willing to push food toward another. But perhaps the apes failed to understand the apparatus. When we instead used a simple choice between tokens they could exchange for food—one kind of token rewarded only the chooser, the other kind rewarded both apes—lo and behold, they preferred outcomes that rewarded both of them.

(…)

The one historical constant in my field is that each time a claim of human uniqueness bites the dust, other claims quickly take its place. Meanwhile, science keeps chipping away at the wall that separates us from the other animals. We have moved from viewing animals as instinct-driven stimulus-response machines to seeing them as sophisticated decision makers.

The Brains of the Animal Kingdom, The Wall Street Journal.

Neanderthal : Picture for the inside

We three groups were all enough alike that some of our ancestors could interbreed and produce fertile offspring. But the differences in the genomes of Denisovans, Neanderthals, and modern humans are also revealing the genetic traits that set us apart from them—the traits that made us human. “I’ve been comparing it to the pictures of Earth that came back from Apollo 8. The Neanderthal genome gives us a picture of ourselves, from the outside looking in,” says paleoanthropologist John Hawks of the University of Wisconsin in Madison, in his blog on paleoanthropology, genetics, and evolution. “We can see, and now learn about, the essential genetic changes that make us human—the things that made our emergence as a global species possible.”

The Neanderthal in My Family Tree, Slate.com.

Je suis à deux doigts de commander un kit 23 and Me.

Dans les pensées de nos mères. Littéralement.

Recent findings showed that during pregnancy, mothers and fetuses often exchange cells that can apparently survive in bodies for years, a phenomenon known as microchimerism. Scientists had found that in mice, fetal cells could even migrate into the brains of mothers. Now researchers have the first evidence fetal cells do so in humans as well.

Son’s DNA found in mom’s brain, CBSnews.com.

Ok, can I say : Creepy. Donc, on sait que ça se passe avec les fils, grâce à l’ADN forcément différent, mais on ne sait pas si c’est bon ou mauvais pour la mère.

ASMR : Massages for your brain

ASMR : Autonomous Sensory Meridian Response (ASMR) is a physical sensation characterized by a pleasurable tingling that typically begins in the head and scalp, and often moves down the spine and through the limbs.

Also known as : AIHO (Attention induced head orgasm), AIE (Attention induced euphoria), or simply « head orgasms »/ »head tingles ».

— ASMR : Massages for your brain, Reddit.

Un sentiment de plénitude m’envahissait quand j’allais chez le coiffeur à Toronto. Jorge était indéniablement un bon coiffeur, mais il y avait autre chose; Je retirais de sa manipulation de mes cheveux, pendant la coupe et le shampoing, une sensation assez intense au niveau du scalp, comparable à ce qu’on peut recevoir d’un massage intense, étrangement. Ce n’était pas sexuel, je n’ai pas de fétiche autour des cheveux —seulement autour du poil—, mais je me souviens avoir été presque gêné de prendre autant de plaisir à me faire couper les cheveux.

Certaines personnes pensent qu’il s’agit d’ASMR, une sensation un peu comparable à des frissons. Cette définition est évidemment à prendre avec beaucoup de méfiance, puisque je n’ai pas trouvé trace de justifications scientifiques pertinentes sur internet et que ça sent beaucoup l’acronyme médical bidon.

Il y a un sub-reddit entier regroupant des vidéos supposées déclencher cette «réponse». Pour certains, c’est la manipulation des cheveux, d’autres une voix monotone, etc. Probablement la suite de vidéos la plus inattendue sur laquelle je suis tombé depuis un moment.

Bath Salts, la dangereuse insaisissable

The last four decades have seen plenty of whipped-up hysteria about various fad intoxicants of the moment. But the fear generated by bath salts seems well earned. Dr. Mark Ryan, director at the Louisiana Poison Center, called bath salts « the worst drug » he has seen in his 20 years there. « With LSD, you might see pink elephants, but with this drug, you see demons, aliens, extreme paranoia, heart attacks, and superhuman strength like Superman, » Ryan has said. « If you had a reaction, it was a bad reaction. »

Starting in late 2010, an influx of violent, irrational, self-destructive users began to congest hospital ERs throughout the States. A 19-year-old West Virginia man claimed he was high on bath salts when he stabbed his neighbor’s pygmy goat while wearing women’s underwear; a Mississippi man skinned himself alive while under the influence. Users staggered in, or were carried in, consumed by extreme panic, tachycardia, deep paranoia, and heart-attack symptoms. (Perhaps the most infamous incident tied to bath salts is Rudy Eugene’s horrific naked face-eating attack in Miami in May, although conclusive toxicology reports have yet to be released; still, the fact that this feels like the closest thing to a credible explanation for chewing a homeless man’s head for 18 minutes speaks volumes about the drug’s reputation.)

(…)

For the large-scale distribution of bath salts that’s currently taking place in the United States, one needs to know more than your average backyard tweaker. This is advanced-level chemistry. « What they’re doing is taking the molecules they’ve made and that they’ve read about and they’re putting different pieces together to form something totally new, » Berrier says. « And it makes it harder for us to do the analysis because it’s totally new. » In other words, synthetic drug organizations have guys like Berrier working for them, too. « I think, forensically, it’s a game of Whac-A-Mole, » says Jeffrey Scott, a former narcotics agent in the field who now works at DEA headquarters.

Bath Salts: Deep in the Heart of America’s New Drug Nightmare, Spin.com.

La science du Gaydar

Should you trust your gaydar in everyday life? Probably not. In our experiments, average gaydar judgment accuracy was only in the 60 percent range. This demonstrates gaydar ability — which is far from judgment proficiency.

But is gaydar real? Absolutely.

The Science of ‘Gaydar’, SundayReview, The New York Times.

Apocalypse Zombie, phase 1

— Un cannibale abattu à Miami.
— New Jersey Man Throws Intestines at Cops.
A Montauban, un homme ivre mange l’oreille d’un autre.

Ça commence. Je ne regrette pas d’avoir pris le temps, avec mes amis du club Apocalypse, d’établir un plan d’urgence, et d’acheter un Leatherman. L’opération NPSM (Ne partez pas sans moi) est en stand-by. Rendez-vous de l’autre côté.

+

En l’espace de quelques heures, le hashtag #zombiebukkake est propulsé « trending topic » sur le Twitter français et mondial, une sombre référence à une histoire de zombies gores. Dans le même temps, les médias américains s’inquiètent : la menace d’une attaque de zombies rentre-t-elle dans la sphère du réel ?

SHAUN OF THE DEAD – Vivre à l’ère des zombies, Big Browser, Le Monde.

We joked around about it being the canary in the mine shaft of an impending zombie apocalypse. But as Tumblr blogger « I Hope Rick Santorum » helpfully points out in an appropriately viral post, this latest incident is not so much a warning shot as it is another in a disconcertingly intensifying stream of zombie-invoking headlines — all from the past two weeks, and all from the Sunshine State

Grab Your Boomstick: The Zombie Apocalypse May Actually Be Upon Us, Gawker.

[Edit 2/05/12]

C’est officiel: les zombies ne sont pas (encore) là, Slate.

Mouaif.[/Edit]

The Boundary Effect

“I know I came in here for something, but I can’t remember what it is …”

If you’ve ever said something like this, you’ve probably experienced an “event boundary.” Many, if not all, of us have had the experience of walking into a room and forgetting exactly what it is we came in there to do.

— The Boundary Effect: Entering a New Room Makes You Forget Things, Newsfeed, Time.

Je voulais ajouter un truc, mais j’ai oublié après avoir ouvert cette fenêtre de navigateur.