le roncier

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Tag - nombril

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13 octobre 2008

Comeback

L'inénarrable Coco avoue, sous l'égide d'une photo cochonne et pour son grand retour dans la blogosphère, qu'il a peur des stars. Oui, c'est presque de l'auto-promotion parce que je lui prête un coin de mon serveur; Oui, c'est certainement momentané le temps qu'il trouve un nom de domaine dément bien à lui; et oui, je suis bien content que le monde puisse de nouveau le lire. Yeaaaah !

6 octobre 2008

La petite mare

Pop Up Book

- C'est toujours aussi plein ?
- Ah oui, le matin, c'est toujours comme ça, ça n'arrête pas, mais aujourd'hui, c'est spécial, je ne sais pas ce qui ce passe.
- Non, parce que je ne suis pas venu depuis longtemps, mais la dernière fois, il y avait moins de monde, beaucoup moins de monde.
- Si vous voulez attendre moins longtemps, vous pouvez venir l'après-midi, les gens préfèrent venir avant pour les examens à jeun. Mais venez avant 18h, c'est important.
- C'est gentil, attendre ne me dérange pas. C'est seulement, ce monde, ça me surprend.
- Voilà votre carte, monsieur. On vous appelle tout de suite

En fait, il y avait tellement monde que tous les fauteuils de la salle étaient pris. Je n'avais jamais vu le laboratoire d'analyses aussi rempli. Et pourtant, ça fait 8 ans que je viens, même si par la force des chose, je n'étais pas venu ici depuis 3 ans. C'est un labo du centre, proche du Village et je sais que ça n'a pas de valeur épidémiologique, mais ça doit vouloir dire quelque chose, tous ces gens. Tous ses pédés séropos. C'est un message, un signe. Et la seule chose à laquelle je pensais en regardant tous ces pédés lipodystrophiés, c'était : Eh bien, ça va nous en faire, du roman de séropo triste.

Je ne sais pas quoi faire de ce signe, moi, je suis sur un siège dans cette salle d'attente, dans laquelle je viens depuis 8 ans, en essayant d'avoir l'air détendu, en prétendant être un vieux de la vieille, mais ces tests, que je les déteste, je les repousse le plus possible jusqu'à avoir la force de les faire. Comme j'apprécie tellement l'accueil attentif que prodiguent ces infirmières. Je repars en ne comprenant pas vraiment pourquoi j'ai des larmes dans les yeux alors que je connais l'histoire et que tout va bien pour moi. Vraiment, je suis surpris de retrouver ici cette petite mare de larmes oubliée, pas de l'apitoiement, même pas de la mélancolie, non, juste une petite écharde de chagrin aiguë. C'est comme se réveiller en pleurant. C'est peut-être les larmes dans nos yeux qui nous empêchent de lire les signes.

19 septembre 2008

Protocole compassionnel

House Quand je vais voir mon médecin et que tout va bien, je raconte toujours que mon médecin est content. C'est un peu vrai, il sourit quand tout va bien, comme souriait Cheryl à Toronto, lors de nos rencontres trimestrielles ; c'est surtout un moyen d'exprimer pudiquement mon soulagement de savoir que ma santé est bonne.

Je ne sais pas comment ça se passe dans le cas d'autres affections de longue durée mais le rapport médecin-patient est particulier dans le cadre du sida. D'abord parce que les médecins ont longtemps été désarmés face à la maladie et au mode de vie de leur patient, puis parce que les médecins ont dû apprendre à accepter les personnes qui vivent avec le virus comme les experts qu'elles sont. Si encore aujourd'hui, on s'accroche et qu'il faut parfois insister pour se faire entendre, j'aime bien croire que le sourire de mon médecin est sincère.

Évidemment, l'implication n'est pas la même, on parle ici de ma vie, et de son boulot. Mais c'est peut-être ça la compassion. Pas la pitié, ni l'accablement conjoint. La sincère volonté de vouloir se battre avec nous. Et les souvenirs communs. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis, parfois.

11 septembre 2008

Du ciel, des couleurs

Parfois, on a besoin de lumière. Parfois, on a besoin de couleurs. J'ai donc changé le thème de ce blog, pour quelque chose de plus aérien que le chocolat et le turquoise. Merci à Kozlika pour ses ébauches de thèmes Aorakit disponibles pour les feignants comme moi qui ne veulent pas recommencer un thème de zéro. Pour ceux qui suivent sur le fil rss, n'hésitez pas à venir jeter un coup d'oeil et à me laisser des remarques par mail.

Bien sûr, les couleurs vont probablement changer dans les jours qui viennent jusqu'à ce que je trouve une harmornie qui me satisfasse.

13 juillet 2008

Petite annonce

J.F. partagerait appartementJeune Homme, 31 ans, journaliste/libraire, non fumeur, sérieux, bien sous tous rapports, cherche colocation ou chambre dans Paris, dans appartement assez grand et qui ne ressemble pas à une cave, avec un accès internet haut-débit sans fil. Spirituel, je sais cuisiner, laver les toilettes et être discret.

Ceci n'est pas une pipe blague, c'est de moi qu'il s'agit et je cherche vraiment un endroit à louer pour me réinstaller sur Paris après deux ans et demi au Canada, à un prix raisonnable. Si quelqu'un a une proposition ou une idée, n'hésitez pas à m'envoyer un mail. Merci d'avance. Et je promets de ne pas vous piquer votre coupe de cheveux.

8 juillet 2008

Les temps qui changent

Hier

Hier, mon widget météo m'annonçait ça. j'étais prêt à faire une entrée entière sur comment le temps il est pourri à Paris.

Aujourd'hui, j'ai ça.

Aujourd'hui

Entre temps, je peux constater que mon karma s'est un peu amélioré. Dois-je y lire un signe des cieux ?

3 juillet 2008

Bear Bijou

o

The other day, I was feeling blue so I took a long walk along the Seine. I started on the left bank, near what I still call the new Francois Mitterand library, just next to what is now my new favorite area in Paris. The whole neighborhood has been recently constructed, hence it can give me what no other place in Paris can give me, the impression of a clean slate. Everywhere else, Paris is drowned under recollections of happy or painful moments, and I still have a hard time painting it anew with more recent memories.

A day earlier, I was demonstrating with 700.000 others Parisians at the annual Gay Pride, “la Marche des Fiertés”. The weather was beautiful, as it has been since I arrived, and my friend Alex looked at me funny when I suggested that it was may be a sign, a sign that Paris was wishing me well and that everything happened for a reason. It took me the better part of an hour to get ready for the Parade, before I finally left the apartment with a simple white shirt. I couldn't really not to be at my best because I knew I would see a lot of people I used to know, and most importantly, because I was going to see Nicolas. He was there, indeed, as beautiful and daring as he always is, so much actually I couldn't stay. Also I couldn't bear the thought of running into his new lover. I fled, but just before I disappeared in the crowd, Nicolas caught me by the arm and told me that today, I was very beautiful, really “vraiment très beau”. I smiled and said, you too, kissing him on the cheek and leaving him with all his beautiful bears friends. Alex nodded and pointed to the sky to cheer me up, the sun was breaking through the clouds.

A day after, walking, I remembered how much of an old city Paris really was. As I left the newly renovated part of the left bank to enter the old crappy one, I realized there was still place for small pockets of wild life, where some homeless people tried to live in cardboard houses and wildflowers tried to bloom. I spotted a big old barge who looked like a disused floating police station, squeaking, its windows broken. And then it was over again, I was back in a living part of the bank, where people were tango dancing in the middle of the day. Arriving at the Louvre museum, passing under one last bridge, I smelled old urine and dog pooh once more and figured it was the way for the self-called capital of fashion to remember me that if living here was a luxury, we were all born between shit and piss t begin with. Ask your mum if you don’t believe me.

This Pride made me feel insecure, I wish I could be as strong as a hairy bear. As I opened up to Alex about that, he said that my sideburns were helping. It makes you a Bear Bijou, I thought I heard. A jewel bear ? No, he answered, “un bear des joues”, a cheek bear. I know I misunderstood, but I liked my first idea better.

29 juin 2008

Pigé

Belle Un

En arrivant à l'ANPE, j'aurai du savoir que la journée commençait mal. J'ai commencé à attendre devant la porte, avec d'autres gens que l'agence ouvre en retard. J'ai réalisé aussi que j'avais peut-être mal lu le papier concernant ce rendez-vous et que j'allais être bloqué pour plus d'une heure finalement. Ce n'est que quand le formateur nous a préciser qu'on serait peut-être un peu en retard et qu'on finirait peut-être un peu après midi que j'ai intégré l'idée que ma demi-journée allait être longue.

Les locaux en duplex, blancs, grands, aérés, avec des autocollants de silhouettes d'hommes en costumes-cravattes et serviettes, m'ont ironiquement rappelés ceux de Têtu, la dernière entreprise de presse que j'avais failli intégrer comme journaliste. Le formateur a commencé son discours, en employant des mots comme "impacté" et "révolution du métier", des idées inspirantes comme "difficiles mais pas impossibles" et la promesse d'une expertise : "Ca fait 30 ans que je travaille ici." Des sept personnes présentes, aucune n'a eu l'air vraiment ému par ces beaux mots et j'ai commencé à porter attention aux autres personnes présentes. Le groupe était majoritairement féminin, plutôt jeune, avec une nette tendance à la coolitude, comme on l'attend d'un groupe de journalistes. Deux des femmes étaient nettement plus âgées que le reste d'entre nous. Je ne sais plus comment les choses ont commencées à changer, à quel moment le formateur a perdu le contrôle de la réunion et comment on en est venu à discuter de la réalité du travail de pigiste. Mais très rapidement, avidement même selon le ton des questions, on a quitté le chemin balisé de l'atelier pour ceux un peu plus sombres de l'expérience.

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J. a ouvert le bal en nous expliquant qu'après avoir quitté un boulot à plein temps dans la communication scientifique parce qu'il attendait d'elle une soumission complète ("En tant que jeune."). Elle ne se sent pas le courage de recommencer à piger comme elle l'a fait pendant plusieurs années auparavant, en sacrifiant ces week-ends et le reste de sa vie à essayer d'être journaliste. "Mais je fais autre chose pendant un moment, est-ce que je pourrais revenir au journalisme ?", demandait-elle, anxieuse. V. a enchaîné en disant qu'elle n'en pouvait plus. Elle travaille pour certains des magazines les plus connus et les plus lus, mais visiblement, la paye ne suit pas. "Je suis à plus de 45 heures par semaines et je ne m'en sors pas, je n'y arrive pas." Avec sa frange et sa veste d'homme aux manches courtes de femme sensible aux courants de la mode, V. avait la voix qui tremblait un peu quand elle disait qu'elle voulait trouver un poste à mi-temps, pour pouvoir continuer d'écrire. D. n'a rien pu faire pour la rassurer. En travaillant quasiment à temps plein pour 4 magazines, elle n'arrive pas à dépasser 2000 euros de revenu. "Je cherche un temps plein mais dès que les gens me voit, c'est grillé." Le formateur intervient : "C'est parce que vous êtes dans la catégorie senior, à partir de plus de 45 ans." M., à l'autre bout de la table, chemise et veste colorées dignes d'un studio créa, pâlit. Elle vient d'être licenciée, parce que c'était la maquettiste la plus âgée du journal : "Ils ont commencé par les journalistes, ils les ont virés pour prendre des pigistes." Plus le tour de table avançait, plus le tableau s'assombrissait. Même S., qui travaillait pourtant à la télé, n'a pas pu nous rassurer. "Je travaillais pour une chaîne publique. Je ne pense pas qu'ils vont me reprendre à la rentrée avec le nouveau plan."

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En sept personnes, nous avions l'éventail entier des problèmes de pigistes. De l'impossibilité de compter sur un salaire décent avant 40 ans et de la difficulté de le garder après 45. Des journaux qui fonctionnent maintenant comme des équipes de pigistes, c'est pratique, tout le monde est en concurrence avec tout le monde, personne n'est syndiqué, tout le monde est sous-payé. De l'impossibilité de fermer son budget sans l'assurance chômage et quelque soit le nombre de piges. "On peut dire que le métier est devenu plus difficile ces dix dernières années", a conclu le formateur En tout cas, le seul journaliste qui avait du travail dans la pièce, c'est celui qui ne travaillait pas comme journaliste.

15 juin 2008

Une

Flous

Il s'accablait de reproches, mais il finit par se dire que c'était au fond bien normal qu'il ne sût pas ce qu'il voulait :
L'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir car il n'a qu'une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures.

L'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera.

5 juin 2008

Le rêve de l'immigrant

Tank You

- Tu connais le rêve de l'immigrant ?
- C'est de qui ?
- Non, c'est pas un livre, c'est un rêve, un vrai, c'est quand tu rêves, qu'au moment de retourner chez toi, dans ton pays, tu te retrouves sans rien, tu ne trouves pas ton passeport, ni tes papiers. Plusieurs de mes amis m'en avait parlé. Ça m'est arrivé plusieurs fois.

J'ai fait un rêve, pas un cauchemar, un mauvais rêve. J'arrivais en France et les jeans que j'avais acheté tombaient en lambeau, je me disais, merde, c'est pas possible, je viens de les acheter. Ça ne peut pas arriver. Mais si. Ça arrive. Je suis nu. Je n'ai rien. Cette fois, ce n'est pas une surprise, je passe mon temps à planifier ce genre de situation d'urgence, je sais globalement ce que je dois faire, les choses dont je ne peux pas me passer, celles que je vais devoir laisser derrière moi. Je prépare l'affiche de la vente de mes meubles avec application, j'ai fait une liste des choses qui me faut faire avant de partir, des choses à faire pour partir.

Je me sens un peu las, si fatigué parce que j'ai bien décidé d'accompagner le coup, de voir dans cette imprévu une opportunité, une joie. Je veux célébrer ma toute nouvelle liberté, je ne suis pas mis à la porte de ce pays, au contraire, je peux partir où je veux. Tant de choix. Tant de changements, en deux jours.

Le plus dur, évidemment, c'est de prévenir les gens, les proches, les moins proches, ceux dont j'ai connu la peau, ceux dont j'aurai aimé connaître la peau. C'est dur de sentir les gens se détacher parce qu'ils ne savent pas comment réagir et que dès que tu parles de partir, tu n'es déjà pour eux plus là. Rester positif, toujours, parce que il y a toujours du bon dans le changement et que je ne peux pas craindre ce sur quoi je n'ai pas d'emprise. Je souris, sincèrement, mais je ne peux pas nier cette boule sous mon plexus, cette plaque qui me coince le dos, ces pleurs qui vont bien devoir sortir, mais plus tard, quand je serai arrivé à la fin de ma liste. Quand je repenserai à ce soleil dans cette rue. A ce stade de base-ball dans la nuit. À ces îles, à leurs plages. Quand je me souviendrai que perdre une ville, c'est aussi perdre tout ses possibles, ces hommes aux barbes douces et aux accents sophistiqués. À ce bruit bizarre que j'entends tous les soirs à minuit. À la voix de mon ami. A mon lit, qui ne sera plus jamais mon lit.

Je vois la grande image, comme on dit en anglais, je suis en bonne santé et je vais voir mes amis et ma famille. Je vais toujours demander mon immigration parce que c'est ce que je veux faire. Mon rêve de l'immigrant à moi n'est pas un cauchemar, c'est un rêve d'amour, un rêve de paix dans mon psychisme réparé. Une chaleur, une pulsion sur mon vélo, une liberté certainement, une légèreté. C'est le numéro un de ma liste: rester positif.

2 juin 2008

Time is of the essence

Time

Combien de fois, j'ai regardé ces épisodes en m'identifiant complètement à cette journaliste qui écrivait sur son powerbook dans son studio, en essayant de réussir à faire marcher ses histoires d'amour. J'étais aussi cette femme, si cynique, si définitive dans tous ces avis, ces choix, ces habitudes, comme j'étais cette femme qui croyait intimement que le grand amour existait et qu'elle devait juste apprendre à se convaincre qu'elle y avait droit. Et cette femme, si puissante, si forte dans ces choix, sa sexualité, je me souviens qu'on avait dit en rigolant comme des enfants devant Isa que c'était une vraie salope. Elle nous avait repris, en nous expliquant qu'une femme qui avait le contrôle de sa sexualité n'est pas une salope, c'est une femme qui a du pouvoir. Hier, je n'ai rien senti de tout cela, assis dans le cinéma en regardant Sex and the City. Je ne vais pas m'étendre dessus, d'autres l'ont mieux fait que moi (Xavier en particulier avec son entrée au titre définitif : Pourquoi Sex and the City (le film) est une daube ; et aussi Ephemerist). Je voulais juste témoigner de ma douce tristesse de voir que ce que je regardais comme une gourmandise intime ne soit plus aujourd'hui, sur grand écran, qu'une gigantesque pub pour le mode de vie traditionnelle et l'industrie du luxe. Peut-être est-ce moi qui ait changé, peut-être est-ce le public (des jeunes femmes habillées comme dans le film mais en H&M et des pédés un peu trop bronzés), peut-être est-ce parce que je sais, désormais et contrairement à Big, que quand le moment est passé, il n'y a pas de seconde chance en amour, mais je préfère garder mes souvenirs d'une série intelligente et vive que de tenter de faire revivre un cadavre. In love, timing is all. Je garde l'urgence de vivre, intacte, la volonté de croire que l'amour guide le monde et que, si par bonheur, on le trouve, il n'y a pas de temps à perdre.

21 mai 2008

Barbara, encore une fois

Barbara - J'ai tué l'amour

Parce que finalement, elle a tout dit.

6 avril 2008

Je sale les plats avec mes larmes

Angelica J'ai pleuré devant un plat de pâtes. Je râpais du gruyère et je me suis souvenu de mon père qui me faisait fondre mon fromage dans mes pâtes à la poêle. Je ne savais pas, alors, que c'était une manifestation d'amour.

17 mars 2008

My stroke of insight

Neuroanatomist Jill Bolte Taylor had an opportunity few brain scientists would wish for: One morning, she realized she was having a massive stroke. As it happened -- as she felt her brain functions slip away one by one, speech, movement, understanding -- she studied and remembered every moment. This is a powerful story about how our brains define us and connect us to the world and to one another.

Oh. My. God. This woman is amazing. The experience she shares with us is beyond words, it's bigger than the stroke, it's about who you decide to be in the morming, and what part of your brain you decide to face the day with. It's about us, being part of each others. Ultimatly, it's about me not being crazy after all, when I ask myself why the molecules of my arm are not melting away in the air. After all, this is just atoms.

I didn't suffer a stroke but my life experiences gave me the opportunity to discover this place, she calls it La-La-Land, I call it my Happy Place. It's in all of us, it doesn't call for an illumination to find it. Just the right brain connections. Please watch this video.

7 mars 2008

Le grand enfant

- De toute façons, tu as vingt ans et quelques, toi.
- Bah, plus vraiment, R., tu sais que j'ai 30 ans ?
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Mais alors, quand est-ce que tu vas te décider à grandir ?
- Ah. Mais R., j'ai décidé de ne pas grandir.
- (sceptique)

Alors, c'est comme ça qu'on me voit finalement, ici. Je suis le gars sympa, un peu simple, immature. Ça fait deux semaines et je ne m'en suis toujours pas remis. Nous étions dans un gymnase, lors de mon dernier tournois de volley. R. est l'un des meilleurs joueurs de mon équipe, c'est aussi notre aîné. Et ses paroles me touchent d'autant plus que je sais qu'il a connu la douleur, la vraie, et que s'il est encore en vie, il le doit à une extraordinaire force intérieure, on peut la deviner sous ses silences et ses gestes brusques. R. est un survivant.

Mais moi aussi. Chaque jour vécu est une victoire. Il ne sait pas d'où je viens et ce par quoi je suis passé. Il ne voit que ce que je montre, encore moins peut-être puisqu'il ne comprends que ce que je suis capable d'exprimer en anglais. Dans le métro en rentrant chez moi ce soir, je me demandais si j'avais fait tout ce chemin pour ça. Je ne les ai pas inventés, cet enfant trop sérieux que j'étais, cet adolescent rigide, ce jeune adulte obligé de se confronter à l'idée de la mort. J'ai enterré mon père et accepté ma faillibilité, j'ai appris à écouter les autres et à reconnaître leur importance dans ma vie, je me suis engagé politiquement, j'ai appris à souffler doucement pour dompter mes angoisses. La vie n'a pas été un long fleuve tranquille mais j'essaye de rester ouvert, comme un livre, pas comme une maison abandonnée. Ouvert au moment. Avec une volonté de légèreté. Mais dans les yeux de R. ne se reflète qu'une absence de substance. Et ça me surprend, et ça me blesse.

Parce que j'ai tellement peur que ce soit vrai. Dans mon dernier rêve, je suis dans un immeuble de bureaux, chic, comme un croisement entre la Défense et le Carrousel du Louvre. Pendant que mon amie va discuter avec Napoléon, je décide d'aller trouver une table pour manger mon déjeuner. Je trouve une place et sors mon Tupperware, avant de me faire interpeller, en anglais, par ma voisine, une séduisante cadre Noire en tailleur-pantalon. Elle me dit, soutenue par son voisin, que vraiment, non, n'est pas possible et que vraiment, je ne peux pas faire ça, c'est un endroit correct ici. Elle conclut pendant que je remballe mon couscous, penaud, que, vraiment, qu'est-ce que l'argent ne peut pas acheter d'autre non plus, si ça ne lui assure déjà pas la tranquilité. Je retrouve ma soeur Émilie, et je lui raconte, et on est tous les deux estomaqués. Nous sommes assis par terre et je remarque un mouvement dans le coin extérieur de mon oeil droit. Je tourne la tête pour voir un monstrueux chien, un lévrier à poils longs miteux, avec les yeux blancs de cataracte et une langue qui pend hors d'une bouche baveuse. Il ne vient pas vers moi, d'ailleurs il ne m'a pas vu et tourne à droite avant que j'ai le temps de me remettre de ma frayeur. Je me tourne vers Émilie, on rigole d'avoir eu peur et de la gauche cette fois, vient un autre chien, le poil vif, qu'Émilie prends dans ses bras pour partager un câlin d'une tendresse infinie, en frottant sa face dans le poil si doux.

Je me réveille en me demandant pourquoi mon chien à moi, le premier, était si horrible, et pourquoi le sien était si beau et bon. J'essaye de me rappeler mon chien, le seul vraiment, celui que mes parents avaient avant leur divorce et qu'ils avaient prénommé... Love. Mon coeur manque un battement quand mon rêve se déploie devant moi et qu'il s'éclaire de l'intérieur à la lumière de cette révélation. C'est l'amour, Love en anglais, qui ne peut pas s'acheter, tout comme ne peut s'acheter la paix, tant pis pour ma femme d'affaire aigrie. Et c'est l'amour qui survient dans mon champ de vision, qui me fait peur et qui disparait avant que j'ai eu le temps d'en rire. Ma soeur a su le saisir, elle, elle l'a embrassé, elle a saisi l'amour à pleines mains et se réchauffe à son contact.

Je ne sais pas ce que c'est qu'être adulte. Je sais que ce n'est pas avoir une vie rangée, sinon nous ne serions pas beaucoup à pouvoir nous considérer comme des grandes personnes. C'est certainement ne pas avoir peur de ses sentiments, en rire et savoir se laisser conduire par notre coeur, avoir comme unique destination l'amour. Peut-être s'émerveiller. Comme un enfant, mieux qu'un enfant. Sans peurs.

3 décembre 2007

2 ans

Voilà, ça fait deux ans que je suis au Canada aujourd'hui. Je viens de voir mon médecin, elle n'en revient pas de mes résultats sanguins, ils sont excellents pour quelqu'un qui vit avec le virus depuis 7 ans. Certaines personnes n'ont pas de tels résultats avec un traitement, a-t-elle ajouté. Tu as un virus très paresseux. Eh bien, il peut somnoler tant qu'il veut, je n'en ai pas encore fini avec le Canada. Je suis rentré chez moi à pied, le visage brûlé par le vent, évitant les congères sales sur le bord des trottoirs, en me disant que décidément j'aimais beaucoup l'hiver.

5 novembre 2007

20

- I'm looking for a gift for my nephew, I was thinking about a CD, I don't know what he likes but he is about your age.
- How old is he ?
- Well, twenty.
- *giggling*

And that should make up for the "you're old enough to be a dad" drama.

7 octobre 2007

Mêlée

Je vois ces gros gaillards jouer et j'ai une pensée pour Michel, mon père, qui aurait tellement aimé voir la France gagner ce match de rugby, comme j'aurais tellement aimé partager sa joie. J'essaye de la faire mienne, même si je n'aime pas les manifestations sportives, même si je n'en aurais probablement rien eu à foutre s'il était encore vivant, et l'émotion et la tristesse se mêlent pour faire battre mon coeur un peu plus vite. La vie continue et il me manque tellement.

23 septembre 2007

Fall

L'hiver se rapproche. Pour le premier jour de l'automne, j'ai participé à mon premier tournoi de volley-ball au Canada. Avec le retour de la saison en salle, je redécouvre mon corps, comme un outils rouillé que j'aurai laissé un peu trop longtemps sous la pluie. Du coup, je crie beaucoup sur le terrain, en français particulièrement, pour évacuer la frustration, les limites imposées par mon manque d'entraînement. Je ferais mieux de m'entraîner, je sais. Le soir, je me retrouve chez moi, dans le studio ensoleillé, et tandis que je dévore avidement des comics en version électronique, je me rends compte que ce n'est qu'une des multiples petites stratégies que j'ai développées en apprenant à vivre tout seul. J'ai appris à faire passer le temps, alors que je pourrais l'utiliser. Pour écrire, pour faire des projets, pour lutter. J'ai appris à me faire oublier que j'étais seul mais je n'arrive plus à me convaincre moi même. Je veux plus, finalement. Et je vais faire en sorte de. Je ne vivrai pas dans la peur.