La manipulation artistique de la photographie

“It was probably less than ten minutes that went by from the invention of photography to the point where people realized they could lie with photographs,” said film director Errol Morris in an interview with Motherboard last year. But the “lies” that curator Mia Fineman is concerned with don’t involve moving cannon balls onto a dirt road; they are about the artistic manipulation of the photographic medium itself.

« This has always been a part of photography, » said Fineman, speaking during a preview of the Met exhibit earlier this week. « To me it seemed that the most pertinent question was why — why is this image being manipulated? »

Is this shopped? Truth, lies, and art before and after Photoshop, The Verge, about the New MET show : Faking it.

New York : Le plus grand fleuve

L’été a continué d’étouffer New York sous sa chaleur. Je n’avais pas compris que si Central Park est un parc, il ne ferme pas, en fait. Les rues de la ville continuent à l’intérieur, même si les voitures ne peuvent pas y entrer.

En rentrant pas le coin sud-ouest, j’ai suivi une route qui m’a mené jusqu’au lac et au Ramble, paradis sous-boisé des amateurs d’oiseaux urbains, à plumes et à paillettes; Les ornithologues et les homos en recherche d’amour express s’en partageant les chemins tortueux.

Plus haut, le réservoir et son chemin de jogging me rappellent Carrie et ses copines, je me rends compte que, même si la série a terriblement mal vieilli, les images de la ville de Sex And The City font aussi partie de ma relation avec NYC.

Pour mes derniers jours, je frissonne dans l’air conditionné du MOMA —Museum Of Modern Art— et du MET —Metropolitan Museum of Art. La richesse des collections me cloue le bec.

La Tapisserie des 1000 fleuves les plus longs du monde (Arazzo dei mille fiumi più lunghi del mondo) d’Alighiero Boetti, dans toute sa sobriété, m’arrête soudainement. Et cette tentative d’organisation du chaos de la nature, selon des critères complétement arbitraires, dans toute sa vacuité et sa lucidité, me fait monter les larmes aux yeux. L’essence du language, brodé en pixels sur un tableau. New York, one point.

New York : L’île des états

Pour la première fois depuis que je suis parti de Paris, j’ai eu envie d’être chez moi la nuit dernière. Une petite mélancolie de vacances, en partie due à la fatigue de la conférence, qui n’en finit pas de se dissiper. Et ne le dites pas à Nicolas, mais Minou me manque.

Durant la journée, j’ai décidé de prendre le ferry pour Staten Island pour aller dire bonjour à Lady Liberty en évitant la queue et les contrôles de sécurité de Liberty Island. Le ferry est gratuit, et offre une balade de trente minutes et une belle vue sur Manhattan.

Depuis Staten Island, je me rends compte que j’ai besoin de prendre du recul pour essayer de comprendre cette ville, de la saisir dans son intensité. Heidi, une amie des québécois que j’ai rencontré ici, quand je lui confirme que j’aime beaucoup la ville, me dit, en anglais:

— Et tu veux habiter ici, maintenant, hein.

Et ma réponse, immédiate, me surprend:

— God, no.

Pierra la québecoise habite ici depuis 20 ans. Elle a l’anglais qui vient plus facilement à la bouche que le français, malgré son accent charmant. Et pourtant, quand nous parlons, je sens que mes mots en français la touche, bien plus fortement que mes mots en anglais. C’est la langue de notre coeur, même au centre de Manhattan.

Pierre et ses charmantes pattes d’oie habitent à Montréal, où il retourne ce mardi d’ailleurs. Il me dit que quand il vient sur Paris, il préfère passer pour un anglophone que parler français. Mais j’ai parfois l’impression que les mots lui manquent, en anglais comme en français, pour exprimer ce qu’il ressent, c’est très touchant, surtout face à moi qui ait tendance à tout sur-formuler.

Tous les deux apprécient en souriant la «précision» de mon français de France, quelque chose qu’une Acadienne m’avait déjà confié.

Effectivement, même si New York est incroyable, je ne me vois pas habiter ici. Je me rends compte que Paris feels pretty good right now. Si j’avais découvert cette ville avant le Canada, peut-être, mais aujourd’hui, non. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être qu’elle ne parle pas ma langue. Il me reste quelques jours pour comprendre.

New York : Brooklyn Boogie

Ce dimanche, j’ai suivi la foule de hipsters new-yorkais et je me suis dirigé vers Brooklyn et plus exactement Williamsburg.

J’ai mangé une pizza au marché, devant la skyline de Manhattan, en sirotant un smoothie à la mangue, camouflé parmi les barbus pointus, les robes fifties et les chiens de races des modasses. Même si, il faut l’avouer, la moustache est encore plus rare ici qu’à Paris.

J’ai dévoré sous le soleil couvert le dernier numéro de New York Magazine, qui enchaîne les sujets passionnant, passant d’une analyse en profondeur des craintes « déclinistes » de l’Amérique par Frank Rich, à une enquête sur le divorce de Tom Cruise et Kathy Holmes. I’m in love. (Aussi en amour avec Vanity Fair, et sa très bonne analyse des problèmes de Microsoft.)

Frank Rich nous rappelle dans son article que c’est cette peur du déclin américain qui a créé la super-culture américaine et sa promotion :

The American Way was promoted in every medium available, from billboards to Superman comics. One representative stunt in 1947 was the Freedom Train, a red-white-and-blue locomotive christened the Spirit of 1776 and charged with barnstorming the nation to exhibit a bounty of historic and patriotic documents. The project was promoted by Harry Truman’s attorney general, Tom Clark, financed by major corporations, and packaged by movie and advertising executives. The mission was to demonstrate to one and all that America “was unified, consensual and inclusive”—or, in other words, a nation adhering to “the vital center,” a term that would be coined by Arthur Schlesinger Jr. in 1949.

Le soir, sans transition, je me suis retrouvé entre un Québécois et un Québécoise, dans une soirée lesbienne au Maritime Hôtel, dans Chelsea. Ils sont vraiment partouts, ces Canadiens.

[Edit 06/07/12 : Correction du mélange des liens d’articles entre VF et NYM.]

New York : La ligne haute

Découvrir New York, c’est comme retrouver une pièce du puzzle qu’on n’arrivait pas à finir sans comprendre pourquoi. Cette ville est tellement présente dans notre culture, dans les chansons qu’on écoute, les séries qu’on regarde.

C’est un peu intimidant aussi. Tellement de choses à faire. Hier, j’ai découvert la High Line, une ancienne ligne de chemin de fer réhabilitée en jardin. La balade a été interrompue par l’orage, mais il faisait tellement chaud qu’il était le bienvenue.

Le soir, je suis allé «payer mes respects» au Stonewall. Ce qui est souvent présenté comme au coeur du début du mouvement de libération gay est aujourd’hui un petit bar pas très engageant, dans un quartier pas très agréable le samedi soir.

New York : Observation deck

Après une semaine à Washington, c’est incroyable de noter comment l’atmosphère change dès qu’on arrive à la gare de Newark, en Amtrak, juste avant d’arriver à Penn Station. Il y a soudain une électricité dans l’atmosphère, les gens parlent plus vite et plus fort, ceux qui montent sont habillés différement.

Je suis sorti dans la nuit new-yorkaise, assomé par la semaine de conférence et la chaleur, et j’ai trouvé la Cathédrale Saint Patrick, cachée par des échafaudages de rénovation.

Un peu plus loin, j’ai poussé un petit cri en découvrant la maison de Liz Lemon au Rockefeller Plaza. Au début de Broadway, Times Square est impossible à prendre en photo; C’est drôle de voir la rue des comédies musicales, si appréciée des pédés, toute tordue dans ce plan de ville si géométrique. Près de la 8e avenue, un restaurant français m’a rappelé l’évidence : Tout va bien.

Je suis arrivé à New York les mains dans les poches, je ne sais pas ce que je vais faire et j’aime beaucoup cette idée. On va aller au fil de l’eau. Peut-être que je recontrerais Edouard au croisement d’une rue. Peut-être que je ne parlerai à personne pendant une semaine. C’est enfin les vacances.