Juste un petit peu d’amour

http://www.jall.fi/

Je découvre ébahi qu’il existe depuis 2015 dans les pays nordique un jeu de rôle grandeur nature, «Just a Little Lovin’», avec pour cadre les toutes premières années de l’épidémie de sida à New York et dont le but est d’expérimenter les fêtes, l’amour et le sexe alors que la mort rode.

During the larp we play three 4th of July partys of 1982, 1983 and 1984. Every morning after breakfast there is an act break where we find out what has happened with the characters and their relationships the following year before the next act starts one year later. When the game starts neither the players nor the characters know who will become infected by the virus, but the lives of all the characters will be deeply effected by the epidemic. Our goal for the game is that all the characters will have friendships that are important to them, experience a little bit of lovin’ at the summer parties and feel the fear of death as people around them start to become infected.

— Just a Little Lovin’.

La prochaine édition se tiendra en Finlande, du 5 au 10 juin 2018. (La photo ci-dessus est tirée de ce site.)

Ce Grandeur Nature est mentionné dans un article du Guardian, Beyond Dungeons and Dragons: can role play save the world?, qui aborde l’utilisation du jeu de rôle pour traiter de sujets graves, de manière engagée, au risque d’être accusé de romantiser l’horreur:

One worry is that these larps involve people of comparative privilege “playing” at being refugees or people with Aids. Helly Dabill, one of The Quota’s creators, understands the concern. “We acknowledge that people who are not familiar with larping, or whose idea of it remains firmly entrenched in fantasy games with orcs and goblins, are often shocked at the topics that larp is willing to explore.”

But, she adds, people also write novels about difficult subjects, or plays, or make feature films. “All of these things can be harrowing, powerful and informative. They make people think. Most importantly, they start a dialogue about difficult subjects.”

Ça doit être ça, que les anciens combattants ressentent, devant les reconstitutions des batailles auxquelles ils ont participé. Un mélange d’émotion profonde à l’idée que certains veuillent revivre l’intensité du moment pour en tirer toutes les leçons, et d’horreur muette, parce que personne de sain d’esprit ne voudrait vraiment revivre l’enfer de l’arrivée du sida et les années de cendres qui ont suivi.

Réussite critique

Critical Role est un chouette podcast/émission YouTube qui suit un groupe de doubleuses et doubleurs américains, menés par Matthew Mercer —lui-même voice actor— à travers leur campagne de Donjons et Dragons, dernière édition. J’ai mis ici le premier numéro de la dernière série daté de janvier 2018, mais avant cela, si le coeur vous en dit, il y a les 148 épisodes de 3h chacun de la saison précédente.

Pour les personnes non-initiées, «le jeu de rôle est un jeu où chaque participant interprète un personnage et participe à la création d’une fiction collective», selon la Fédération française du jeu de rôle. Une campagne est une suite de scénarios de jeu de rôle, achetés ou écrits par le meneur de jeu, sur plusieurs sessions de jeu. En gros, le jeu de rôle, c’est un truc de nerd, un peu bizarre vu de l’extérieur, à la rencontre du jeu de société, de l’improvisation et de la création littéraire, qui ne se prend pas trop au sérieux.

Avec leurs personnages attachants et leur meneur de jeu talentueux, la troupe de Critical Role illustre bien tout ce que j’aime et ce que m’apporté le JDR au fil des années. Personnellement, sans vraiment m’en rendre compte, et si j’ai bien compté, en 2018, ça fait 20 ans que je joue au jeu de rôle. Actuellement, nous sommes en pleine Colère des Justes, une campagne du jeu Pathfinder, un dérivé de Donjons et Dragons.

J’ai gardé l’habitude de ne pas parler trop parler de JDR pour éviter les sourires en coin et les longues explications, comme si toute ma patience pédagogique était mobilisée ailleurs, en particulier pour les questions LGBT+. Le JDR, c’est ma respiration. J’ai la chance d’avoir rencontré mon ami Vincent, un vrai passionné, dans la première association pour jeunes LGBT+ que j’ai rejoins en 97 (Big up, le MAG LGBT). Et c’est vraiment une chance, parce que tout un pan de la culture rôliste, imprégnée de sexisme, de racisme et d’homophobie, m’en avait tenu éloigné jusqu’alors. Vincent a su créer un environnement accueillant, avec des joueurs homos et des hétéros qui ont bien voulu apprendre. Nos séances sont parfois tendues mais nous n’avons jamais arrêté de discuter, ni de jouer. Encore aujourd’hui, ce sont les seuls amis mecs hétérosexuels que je vois aussi régulièrement. Mon seul regret, c’est que notre groupe soit resté un groupe de mecs et que nous n’ayons pas réussi à faire de la place à de nouvelles amies. En regardant les vidéos de Critical Role, je me rends compte encore une fois à quel point on y gagnerait.

La vision archaïque de la France

II y a des choses comme cela qui ne nous surprennent pas. Apprendre, au détour d’un entretien accordé à notre camarade Sopalin de Gamekult, que David Cage est un contempteur de « la vision archaïque » française —ce que d’aucuns appellent les progrès sociaux— n’est pas pour nous étonner. Entrepreneur à succès comme on en rencontre à longueur de pages dans « Valeurs Actuelles », il est trop imbu de sa personne pour réaliser dans quelle mesure sa réussite peut tenir de l’accidentel. Patron pris dans un « contexte économique difficile », il regarde par le petit bout de la lorgnette — son petit bout à lui — et estime que décidément « le coût du travail […] est trop élevé ». Cela évidemment, sans faire de politique. Alain Madelin et Jean-François Copé, clowns professionnels de père en fils, rigolent.

« Sans faire de politique », Merlan Frit.net.

Les progrès sociaux sont-ils archaïques ? (Hint : No.) Un article qui démonte l’idéologie de droite qui ne s’assume pas —dans l’industrie du jeu vidéo, mais ça pourrait être ailleurs— et qui nous rappelle qu’apolitique, ça n’existe pas.

Guild Wars 2 : l’appel aux armes

In losing the monthly fee ArenaNet have given themselves the freedom to excise the MMORPG’s accreted dross: the subscription-prolonging treadmill, the trickle-down economics of fun that says that only your elites have paid enough to get to see the cool dragon. Then, that spirit of change has passed through every other assumption that MMOs make about themselves and their players and touched each in turn. Nothing is ever so fixed that it shouldn’t be broken and remade. It’s not perfect, but it is ideologically and structurally sound in a way that few MMORPGs manage at launch, if ever.

Guild Wars 2 is not a revolution, but it is a call to arms. Tomorrow’s MMORPGs will be held to account against its standards: generosity, variety, and respect for the player’s ability and time. Of course, by that point, it won’t be Guild Wars 2 waving the banner. It’s not a revolution. It just quietly suggests that we start one.

Guild Wars 2 Review, PC Gamer.

Guildes et guerres

Pas encore de date de release, mais c’est sacrément intéressant Guild Wars 2. Et ils ont une female game designer, ca nous évitera (peut-être) les persos féminins à moitié à poil avec leur grosses épées et leurs mimiques nunuches. Autre particularité, pas de soigneurs et pas de tank. Quand on voit les files d’attentes aux donjons dans WoW à cause du manque de soins et de boucliers, c’est peut-être une bonne nouvelle, même si TOUS mes persos sont jusqu’à présent des soigneurs (ironique, n’est-ce pas).