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Réussite critique

Critical Role est un chouette podcast/émission YouTube qui suit un groupe de doubleuses et doubleurs américains, menés par Matthew Mercer —lui-même voice actor— à travers leur campagne de Donjons et Dragons, dernière édition. J’ai mis ici le premier numéro de la dernière série daté de janvier 2018, mais avant cela, si le coeur vous en dit, il y a les 148 épisodes de 3h chacun de la saison précédente.

Pour les personnes non-initiées, «le jeu de rôle est un jeu où chaque participant interprète un personnage et participe à la création d’une fiction collective», selon la Fédération française du jeu de rôle. Une campagne est une suite de scénarios de jeu de rôle, achetés ou écrits par le meneur de jeu, sur plusieurs sessions de jeu. En gros, le jeu de rôle, c’est un truc de nerd, un peu bizarre vu de l’extérieur, à la rencontre du jeu de société, de l’improvisation et de la création littéraire, qui ne se prend pas trop au sérieux.

Avec leurs personnages attachants et leur meneur de jeu talentueux, la troupe de Critical Role illustre bien tout ce que j’aime et ce que m’apporté le JDR au fil des années. Personnellement, sans vraiment m’en rendre compte, et si j’ai bien compté, en 2018, ça fait 20 ans que je joue au jeu de rôle. Actuellement, nous sommes en pleine Colère des Justes, une campagne du jeu Pathfinder, un dérivé de Donjons et Dragons.

J’ai gardé l’habitude de ne pas parler trop parler de JDR pour éviter les sourires en coin et les longues explications, comme si toute ma patience pédagogique était mobilisée ailleurs, en particulier pour les questions LGBT+. Le JDR, c’est ma respiration. J’ai la chance d’avoir rencontré mon ami Vincent, un vrai passionné, dans la première association pour jeunes LGBT+ que j’ai rejoins en 97 (Big up, le MAG LGBT). Et c’est vraiment une chance, parce que tout un pan de la culture rôliste, imprégnée de sexisme, de racisme et d’homophobie, m’en avait tenu éloigné jusqu’alors. Vincent a su créer un environnement accueillant, avec des joueurs homos et des hétéros qui ont bien voulu apprendre. Nos séances sont parfois tendues mais nous n’avons jamais arrêté de discuter, ni de jouer. Encore aujourd’hui, ce sont les seuls amis mecs hétérosexuels que je vois aussi régulièrement. Mon seul regret, c’est que notre groupe soit resté un groupe de mecs et que nous n’ayons pas réussi à faire de la place à de nouvelles amies. En regardant les vidéos de Critical Role, je me rends compte encore une fois à quel point on y gagnerait.

  1. Oh le MAG, mais comment ne s’est-on pas croisés plus tôt à la Capitale. :D

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