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Relations de bon voisinage

France was the least tolerant country in Western Europe, with 28.8 per cent of the population responding that they would not want a homosexual neighbour. This contrasts with 3.6 per cent of Swedish people, 7.4 per cent of Spaniards and 11.1 per cent of Swiss. 16.8 per cent of British people would not want a homosexual neighbour.

— France least tolerant country in Western Europe of homosexuals, The Telegraph.

En Europe, la France est l’un des pays les moins tolérants du continent (22,7% des sondés disent qu’ils n’aimeraient pas avoir un voisin d’une autre race)

— La France est l’un des pays les plus racistes du continent européen, Slate.fr.

Je rappelle que les questions concernaient en plus les voisins. Donc des gens à qui on ne parle presque jamais, et dont la vie ne nous regarde pas. Pourtant, c’est déjà trop pour un grand nombre de gros cons. Ne vous inquiétez pas, nous, on ne veut pas de gros cons blancs racistes et hétérosexuels comme voisins.

Les gros cons, ça n’aime pas les minorités. Toutes les minorités. Les gros cons, ça veut rester entre eux. Nous, les bronzés, les pédales, les butchs, les trans, sommes les autres, la marge avec laquelle « on doit faire avec » mais qu’on aimerait bien voir disparaitre.

La France a un problème profond et ça n’ira pas mieux tant qu’elle n’aura pas compris que France ≠ hommes blancs hétérosexuels.

[Edit 19/05/13]

Where did these numbers come from? As Fisher explained, they came from the long-running World Values Survey, which has polled attitudes around the world for decades. Fisher was drawn to the topic by news of a new paper, by a pair of Swedish economists, on the links between economic freedom in a country and its level of tolerance. (The paper was described in a post at Foreign Policy, itself a hub of foreign-affairs blogging.) To measure racial tolerance in particular, the authors used question A124_02 in the World Values survey, which asks respondents whether they would “not like to have as neighbors people of another race.” Intrigued, Fisher went back to the survey itself and, as he put it, “compiled the original data and mapped it out in the infographic” that led his post.

Although the results don’t pass the sniff test in the first place, I took a look at the data as well, in an effort to identify the exact problems at play. It turns out that the entire exercise is a methodological disaster, with problems in the survey question premise and operationalization, its use by the Swedish economists and by Fisher, and, as an inevitable result, in Fisher’s additional interpretations. The two caveats that Fisher offered in his post – first, that survey respondents might be lying about their racial views, and second, that the survey data are from different years, depending on the country – only scratch the surface of what is basically a crime against social science perpetrated in broad daylight. They certainly weren’t enough to stop Fisher from compiling and posting his map, even though its analytic base is so weak as to render its message fraudulent.

— The Cartography of Bullshit, Africa is a country.

La méthode derrière l’article proposé par le Washington Post est critiquée dans ce texte d’Africa is a country (great name, by the way). Je le rajoute car j’ai un sentiment persistant de malaise avec ces études; à cause de ces résultats, bien sûr, mais aussi, à cause de leurs méthodologies, que j’aimerais mieux comprendre, ainsi qu’avec le timing de leur apparition et le sombre message sous-jacent qu’elles semblent véhiculer. Comme un grain de sable sous la dent.

Sinon, le Canada pourrait nous aider à mieux vivre avec nos voisins, visiblement:

Dès l’origine, le multiculturalisme canadien a donc été conçu pour servir de socle au développement d’un ersatz d’identité nationale, une identité nationale allégée si l’on veut. C’était la réponse du gouvernement Trudeau aux fortes tensions politiques des années 1960, qui avaient alors culminé avec les Lois des mesures de guerre canadiennes en octobre 1970 au Québec.

Alors qu’en Europe, on perçoit le multiculturalisme comme un exercice sympathique de reconnaissance des différences (ou un projet inquiétant de fragmentation de l’espace public), il s’agit en fait d’une authentique démarche pour donner à la nation canadienne une identité qui lui soit propre. Le multiculturalisme ne vise alors pas tant à diviser une communauté nationale qu’à en créer une sur la base de la reconnaissance (parfois purement déclaratoire) de sa diversité.

— Le Canada, solution au problème d’identité européen?, Slate.fr.
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[Edit 21/05/13]

Rue89 publie à son tour un article critiquant la carte du Washington Post et parle du papier d’Africa is not a country. Les variations dans les datas, les notions de race, mais aussi de voisin (!), rendent cette carte critiquable:

Max Fisher, dans son post, avait certes émis deux bémols méthodologiques :

– Les enquêtes ont été menées à des années différentes selon les pays ;
– des gens mentent en répondant à ces questions et il peut y avoir des peuples plus sincères que d’autres.

Siddhartha Mitter estime que ce ne sont que deux petites éraflures à la surface d’un problème bien plus vaste, un «crime contre les sciences sociales perpétré à la lumière du jour».

– Pour certains pays, les enquêtes ont été réalisées en 1990 : « cela suffirait à jeter à la poubelle l’étude ».
– Les résultats concernant les autres réponses possibles révèlent des réponses si absurdes que cela jette un sérieux doute sur celles qui ont pointé vers « des gens d’autres ethnies ». Exemple : en Iran en 2000, seulement 0,9% des gens ont répondu qu’ils ne souhaiteraient pas avoir un voisin homosexuel, alors qu’en 2007, ils étaient 92,4% à donner cette réponse !
– La liste des groupes proposés au rejet dépend d’un pays à l’autre : dans la liste proposée aux Iraniens figurent les zoroastriens. Dans celle proposée aux Portoricains, on trouve les spiritistes ; aux Tanzaniens, on suggère les sorciers ; les Péruviens, bizarrement ont droit aux « juifs, Arabes, Asiatiques, gitans, etc. » Toute comparaison entre les différents pays est dans ces conditions très difficile.

— La carte des pays les plus racistes : elle buzze mais ne vaut pas tripette, Rue89.com.

Enfin, Rue89 relève un point intéressant concernant la genèse de la carte du Post:

Max Fisher a eu l’idée de dresser cette carte en lisant une étude que viennent de publier deux économistes suédois, portant sur le lien entre le degré d’ouverture économique et le degré de tolérance d’une société. Ces deux chercheurs n’ont pas trouvé de corrélation très nette, sauf lorsqu’il s’agit de la tolérance vis-à-vis des homosexuels.

Lucky us.
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