dans blog

Don du sang, homos et VIH : De l’eau au moulin

Selon nos informations, le cabinet de la ministre de la Santé, qui s’est prononcé en faveur de l’ouverture du don du sang aux homosexuels, n’était pas très chaud de voir sortir ces chiffres à la veille de la Marche des fiertés. Cette étude apporte de l’eau au moulin de ceux qui justifient l’exclusion permanente des gays du don du sang en raison d’une forte présence du VIH parmi eux.

— La transmission du VIH est très active chez les gays fréquentant les établissements de convivialité à Paris, Yagg.com.

J’ai plutôt fermé ma gueule sur le sujet (on a bossé dessus à Vih.org, si ça vous intéresse) mais je n’arrive à entendre dans cette revendication d’ouverture du don du sang à n’importe quel coût, et malgré les chiffres, que l’obsession de ne pas être assimilés à ses pédés de backroom à la sexualité sauvage, à ces séropos communautaires, à ces malades. La volonté d’être considéré respectables, d’affirmer sa séronégativité, semble plus forte que la réalité des faits : Les homos n’ont pas un comportement respectable en ce qui concerne le VIH. Nous n’avons pas un comportement respectable. J’attends la mobilisation sur ce fait là.

12 Commentaires

  1. Justement c’est contre ton idée qu’on lutte.

    Ce n’est pas le fait d’être homosexuel qui pousse à avoir un comportement « respectable » ou pas (je ne juge par ailleurs pas de la respectabilité de ce comportement, il est à risque ou pas, pas respectable ou pas)

    Je suis homosexuel et je n’ai jamais eu de comportement à risque. Qu’importe si je suis LE SEUL homosexuel à ne pas avoir de comportement à risque, m’exclure du don du sang par principe en tant qu’homosexuel est absurde.

    Le but est de ne plus parler de POPULATION A RISQUE, mais de COMPORTEMENT A RISQUE.

  2. Sauf que c’est une réflexion qui n’est pas au niveau personnel, mais au niveau populationnel. J’ai combattu comme tout le monde l’utilisation de l’appellation « population à risque » (merci de la leçon en majuscule au passage), mais aujourd’hui, il est difficile de décrire autrement ce qui se passe dans la communauté pédé. Aujourd’hui, un jeune pédé a 200% plus de risques qu’un hétéro de se contaminer avec un rapport non protégé. Un homo a plus de chances d’être séropo qu’un hétéro. Nous sommes une population plus exposée. Nous. Pas toi.

    Tu te sens insulté par ces chiffres? Mobilise toi pour les faire diminuer, avant de crier à la discrimination.

  3. Il y a un questionnaire avant de donner son sang où justement des questions sur le dernier rapport à risque sont posées.

    Globalement chez les homosexuels, la connaissance de son statut sérologique est bien plus importante que chez les hétéros, les homosexuels font plus de test VIH que les hétéros. Ainsi, il y a un paramètre qui n’est pas pris en compte dans ces études et qui est l’autoexclusion.

    Prendre ces chiffres directement n’a pas de sens : un homosexuel qui se sait séropositif n’ira de toute façon pas donner son sang.

    Je ne me sens pas insulté par ces chiffres. Je connais mon statut sérologique, je connais ma vie sexuelle. Je ne dis pas que je suis à l’abri d’une erreur, par contre je suis capable de juger si j’ai eu un rapport sexuel à risque afin de ne pas aller donner mon sang dans la foulée.

    Par ailleurs, je n’ai pas lu le mot discrimination dans mon commentaire. Mais j’avoue qu’évidemment c’est un point qui me dérange. Pas pour moi, je suis adulte, bien dans ma peau. Par contre je pense à l’adolescent que j’étais à 18 ans, qui pensait qu’être homosexuel interdisait de vivre en couple, et en effet j’ai souffert d’être aller donner mon sang comme j’ai essayé de le représenter là :
    http://dessins.yagg.com/2011/11/25/sang-pour-sang/

    Enfin, que sais-tu de mon engagement ?

  4. Tu fais l’impasse sur les trop nombreuses personnes qui ne connaissent pas leur statut. Et sur les personnes qui sont en déni de contamination. C’est aussi ça qui fait une population à risque.

    Et de ton engagement, je ne connais que la partie que tu as choisi de rendre visible, soit ce combat-là. Que je ne comprends pas, je l’avoue.

    Ça ne m’a jamais fait chier de ne pas pouvoir donner mon sang, je comprenais quand j’étais jeune comme maintenant, que les pédés étant beaucoup plus touchés que les autres, ne puissent pas donner leur sang.

  5. Les trop nombreuses personnes qui ne connaissent pas leur statut existent aussi chez les hétéros, et justement mon argument est que les homosexuels ont une meilleure connaissance de leur statut sérologique.

    Pour essayer de te faire cet engagement : tu as de la chance d’avoir été bien dans ta peau à l’adolescence. Ce n’était pas mon cas car j’aspirais (et j’aspire toujours) à un mode de vie de couple stable, non « ouvert », un modèle qui me semblait inaccessible, et cette interdiction du don du sang a été un des éléments qui me poussait à penser que ce modèle ne pouvait pas exister.
    Par ailleurs je crois que quelque part, l’infantilisation d’une « population » dite à risque, donc irresponsable pousse à une stratégie autoréalisatrice « à quoi bon lutter contre le VIH puisque de toute façon je suis condamné à l’avoir ». Cette phrase est caricaturale évidemment personne n’hésite au moment de mettre un préservatif et se la dit, mais il y a à mon sens un effet inconscient.

    Enfin, je trouve absurde d’exclure une « population à risque » (je le mets entre guillemet plutôt qu’en majuscule pour moins te choque) alors que c’est le comportement à risque qui pose problème. Et justement il me semble clair que la prévalence du VIH est plus importante dans une population homo/hétéro avec des comportements à risque (fréquentation de boîte échangistes, prostitution…), que dans une population homosexuelle avec un partenaire sexuel unique.

    Enfin qu’importe quels combats je mets en avant en réponse à ton message, je trouve extrêmement condescendant et désagréable de ta part de me dire pour quoi militer ou ne pas militer.

  6. Je crois que le problème est que tu es dans l’affect, alors que je crois que cette question ne l’est pas.

    Tu peux considérer que c’est un combat juste, comme j’ai le droit de considérer que bof. Rien de personnel là dedans.

  7. Tu te expliques ne pas comprendre mon engagement, donc je te l’explique. Il est bien évidemment dans l’affect comme tout engagement associatif, donc forcément je t’ai répondu dans l’affect.

    Tu nies du coup les arguments que j’ai donné pour orienter ton discours.

    Tu fais preuve de mauvaise foi.

  8. Je suis extrêmement très d’accord avec le roncier. On pourrait, en étant mauvaise langue, ajouter que de toute façon, même avec les mêmes critères que les zétéros, une infime proportion de pédés pourraient donner leur sang (for the record, fellation non protégée = exclusion temporaire…). Après, ça permettra peut être aux zétéros curieux qui se sont fait une fois un mec dans leur vie de donner leur sang sans mentir, mais je comprends vraiment pas comment ce truc a pu devenir une revendication pédée.
    Au delà de ça, tout le discours revendicatif autour me dégoûte au plus haut point, avec cette volonté de nier le fait que le sida est une question communautaire super cruciale etc. En même temps, en dehors d’un nombre extrêmement réduit de gentes, qui se bat aujourd’hui pour qu’on parle de sida chez les lgteubés un peu investis dans le militantisme ?
    C’est aussi un truc à replacer dans un contexte général qui veut que l’on montre patte blanche aux zétéros, en étant pas trop folles, pas trop séropos, pas trop sexuelles,pas trop trans, pas trop ceci, pas trop cela, sinon ils risqueraient de ne pas nous donner les droits derrière lesquels on court depuis toutes ces années. La question de l’image est la mort du militantisme pédé intelligent.

  9. Sylvain, je ne suis pas de mauvaise foi, je suis feignant et du coup, mes réponses te semblent incomplètes. Visiblement, ça va être difficile de tomber d’accord, et ce n’est pas le lieu adapté pour avoir cette discussion.

    Let’s agree to disagree, comme disent les anglos. =)

  10. « C’est aussi un truc à replacer dans un contexte général qui veut que l’on montre patte blanche aux zétéros, en étant pas trop folles, pas trop séropos, pas trop sexuelles,pas trop trans, pas trop ceci, pas trop cela »

    Oui peut-être que vous vous trompez juste sur un point. Je suis homo, j’ai rien contre les homos qui sont « trop folles, trop seropos, trop sexuels », ce n’est juste pas moi.
    Le problème est que vous sembler considérer qu’être homo = être subversif. De mon côté je pense qu’on a droit d’être ce qu’on a envie d’être, folle ou pas, sexuel ou pas. On a même le droit d’être hétéro et folle il parait.

    Je ne juge pas votre attitude et votre tenue, merci de ne pas juger la mienne.

  11. @sylvainj : je ne vais pas entrer en guerre ici, ce qui embêterait tout le monde, mais j’ai quand même quelques petites remarques à faire.
    Déjà, m(nous ?)’accuser de dire homo=subversif, non. Je suis contre la subversion, ça c’est le truc des kwirs esthétisants. M’accuser de « juger ton attitude et ta tenue », non plus. La question c’est celle d’une stratégie politique pas d’une identité individuelle.
    Ensuite, on peut se centrer sur la stratégie politique dont il est question : je (on ?) dit qu’elle ne nous convient pas, parce qu’elle est excluante, qu’elle passe par l’invisibilisation de celleux qui « ne passent pas ». La réponse attendue n’est pas « ah mais je suis pas comme ielles » (ce que tu viens de faire) en fait, genre il y a une histoire de solidarité je crois. Mais il y a « plus » urgemment problématique, c’est cette volonté d’occulter l’épidémie en tant que problème communautaire pédé (1/5, hausse du nombre de contamination, ça ne te dit rien ?). En l’état actuel des choses, c’est limite criminel.

  12. Lady Pora > +1 (Promis, c’est pas moi qui ait créé un faux profil Lady Pora pour commenter.)

Commentaires clos.